Comment défiscaliser avec un PER ?
Mis en place par la loi Pacte, le PER permet aux épargnants de regrouper l’ensemble de leur épargne retraite (Perco, Perp, loi Madelin, article 83 etc.) dans un seul et unique Plan d’Épargne Retraite. Le Plan d’Épargne Retraite est l’un des outils les plus efficaces pour réduire ses impôts tout en préparant son avenir. Il existe de nombreuses manières de payer moins d’impôts, et il est essentiel de bien comprendre comment défiscaliser pour optimiser sa situation. Voyons si vous êtes concerné par la défiscalisation du PER, quelles sommes peuvent être placées et comment le fisc va vous taxer à la récupération de votre épargne.
Mis à jour le 27 mars 2026, par :
A qui s’adresse le PER sur le plan fiscal?
Fiscalement parlant le PER peut être intéressant pour les contribuables dont les tranches marginales d’imposition TMI sont les plus élevées (30, 41 et 45 %) et aussi pour ceux qui ont déjà utilisé leur plafond de niche fiscale par exemple. En effet en 2026, le plafonnement des niches fiscales se monte à 10.000 euros par foyer fiscal, comme le rappelle l’Article 200-0 A du CGI:
‘’Le total des avantages fiscaux (réduction d’impôt en investissement Pinel, souscription part FCPI, Crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié ou d’une aide à domicile…), ne peut pas procurer une réduction de l’impôt dû supérieure à un montant de 10 000 euros.‘’
Or, l’avantage fiscal du PER repose sur une déduction du revenu imposable, et échappe donc totalement au plafonnement global des niches fiscales de 10 000 euros. S’agissant d’une déduction, elle agit directement sur le montant à déclarer (le revenu imposable) donc l’économie d’impôt se fait avant le calcul de l’impôt à payer (à la différence de la réduction qui agit sur l’impôt à payer). Rien n’empêche donc un particulier ayant déjà profité des avantages fiscaux connus (loi Pinel, Malraux, FCPI, etc.) de souscrire à ce dispositif d’épargne retraite pour ceux qui cherchent comment réduire ses impots efficacement en complément d’autres dispositifs
Pour bénéficier de déduction il faut multiplier le taux de sa TMI (tranche marginale d’imposition) par le montant versé. Par exemple, pour une personne avec une TMI de 41% ayant placé 60 000 € sur son PER bénéficie d’une économie d’impôt de 24.600 € et 18.000 € si son revenu est imposable à 30%. A condition bien sûr de ne pas dépasser le plafond de souscription. C’est pour ça qu’il est conseillé de tenir compte de la TMI pour bien investir et défiscaliser.
Pour vous y retrouver : déduction, réduction ou crédit d’impôt ?
Comment déclarer ses versements PER aux impôts ?
Pour bénéficier de la défiscalisation, il est impératif de reporter les versements volontaires effectués dans votre déclaration de revenus annuelle. Selon votre profil, voici les cases à remplir sur votre avis d’imposition :
- Case 6NS : pour les salariés affiliés à un régime français.
- Case 6QS : pour les Travailleurs Non Salariés (TNS) et professions indépendantes.
- Case 6NT ou 6OT : pour les versements effectués par le conjoint ou le partenaire de PACS en cas de mutualisation.
Astuce : Conservez précieusement l’Attestation Fiscale IFU envoyée par le gestionnaire de votre PER, elle vous servira de justificatif en cas de contrôle de l’administration fiscale.
Faut-il toujours opter pour la déduction fiscale à l’entrée ?
La déductibilité des versements est une option, pas une obligation. Opter pour la non-déductibilité des versements volontaires est une stratégie pertinente si vous êtes actuellement peu ou pas imposé (TMI à 0 % ou 11 %).
En renonçant à l’avantage fiscal pendant votre vie active, vous bénéficiez d’une fiscalité allégée à la retraite : le capital récupéré sera totalement exonéré d’impôt sur le revenu à la sortie (seules les plus-values générées seront soumises à la flat tax).
Y a-t-il un montant à ne pas dépasser ?
Oui, le montant des versements déductibles du revenu imposable est plafonné par la loi. La limite pour les salariés s’établit à :
- 10 % du revenu net imposable de l’année précédente ;
- Et 37 680 € maximum en 2026 (soit 10% de 8 fois le PASS de l’année précédente).
Pour les travailleurs non-salariés, les seuils à retenir se fixent :
- 10 % de la fraction du bénéfice imposable compris dans la limite de huit fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 371 088€.
- 15 % de la fraction du bénéfice imposable compris entre un et huit fois le PASS, portant le plafond global de défiscalisation TNS jusqu’à 88 911 € en 2026.
A noter que ces deux plafonds se cumulent : un travailleur non salarié peut donc déduire un maximum de 85 780 euros en 2026.
Comment relever ce plafond ?
Il existe deux façons de relever ce plafond :
Le rattrapage des plafonds non utilisés des années précédentes
En plus du plafond de l’année en cours, l’épargnant a la possibilité d’investir davantage pour bénéficier d’une réduction plus importante de son impôt sur le revenu.
Le plafond de déduction non utilisé pour l’année actuelle peut être reporté sur les trois prochaines années. Concernant les cotisations versées durant les trois années précédentes, elles sont comptabilisées de la manière suivante :
- D’abord, elles sont déduites du plafond de l’année où le versement a été effectué,
- Ensuite, du plafond non utilisé de l’année N-3,
- Puis du plafond non utilisé de l’année N-2,
- Et enfin, du plafond non utilisé de l’année N-1.
La mutualisation des plafonds entre conjoints
Les couples mariés ou pacsés ont la possibilité, s’ils le souhaitent, de partager leurs plafonds de déduction. Dans ce cas, les versements effectués par chaque partenaire sont d’abord déduits de leur propre plafond, puis, si nécessaire, de celui de leur conjoint. Il faudra bien penser à cocher la case 6QR lors de votre déclaration d’impôt.
Dans certaines situations, il peut être judicieux d’ouvrir un Plan d’Épargne Retraite au nom d’un seul des époux. Cette stratégie peut être particulièrement avantageuse pour protéger le conjoint en cas de décès, notamment si ce dernier n’exerce pas d’activité professionnelle.
Attention : Depuis la Loi de Finance 2024, il n’est plus possible de défiscaliser en ouvrant des PER au nom de ses enfants.
Quel impôt sur le PER à la sortie ?
Si vous avez décidé de déduire à l’entrée pour défiscaliser, le capital ou la rente seront fiscalisés différemment à la sortie. Toute sortie en rente versée au moment du déblocage du PER sera imposée chaque année selon les règles applicables aux pensions de retraite c’est-à-dire la fiscalité de l’impôt sur le revenu avec abattement de 10%.
Si vous décidez de récupérer les sommes investies en capital alors ce dernier sera soumis à l’impôt sur le revenu et les plus-values soumises au PFU.
Depuis le 1er janvier 2026, la hausse de la CSG impacte la fiscalité à la sortie du PER. Voici un récapitulatif clair de la fiscalité appliquée en cas de sortie en capital (si vous aviez opté pour la déduction à l’entrée) :
| Composante du retrait | Fiscalité applicable à la sortie (2026) |
|---|---|
| Capital versé | Imposé au barème progressif de l’Impôt sur le Revenu (IR), sans abattement de 10%. |
| Intérêts et Plus-values | Soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) réévalué à 31,4 % (soit 12,8 % d’impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux). |
L’avantage fiscal du PER peut se présenter de la sorte avec cet exemple concret :
Une Cadre salariée vivant seule (140k€) avec un enfant à charge (soit 1,5 part fiscale) décide d’investir 60.000 € sur un PER, avec une TMI à 41 % l’économie d’impôt sera immédiatement de 24 600 € pour cette personne.
Impôt avant PER 41.749 €
Impôt après PER = 17.749 € (41 749-24600)
Au bout de 10 ans, son investissement placé sur une gestion avec un profil équilibré rapporterait un capital cumulé avec les intérêts de 102 500 € environ . (Performance moyenne de 5,5 % depuis 10 ans sur les fonds équilibrés, ex Swiss Life Funds (F) Multi Asset)
Du fait d’une retraite plus faible que ses derniers revenus, l’administrée descendrait de tranche marginale car n’étant plus active elle passerait dans notre exemple à une TMI 30 % (à supposer qu’elle existe toujours dans le futur).
Calcul fiscalité à la sortie à 10 ans :
Taxation de 102 500 € 60 000 * 30% (TMI)=18.000 € 42 500 * 30 %(PFU)= 12.750 € Total net récupéré après impôt : 71 750 € TOTAL Gain Investissement PER possible après 10 ans : 24 600 €+71 750 €
Comment optimiser l’impact fiscal du PER ?
Vous l’avez compris, le Plan d’Épargne Retraite est d’abord conçu pour préparer la retraite, mais il offre aussi de belles opportunités de réduction d’impôts pour ceux qui paient beaucoup d’impôts. Pour tirer le meilleur parti fiscal du PER, voici quelques points à considérer :
- Agir avant la date butoir du 31 décembre : Pour que votre réduction d’impôt s’applique sur les revenus de l’année en cours, le versement volontaire doit être crédité sur votre Plan d’Épargne Retraite avant la fin de l’année civile. N’attendez pas la dernière semaine de décembre.
- Programmer des versements réguliers : Lissez votre effort d’épargne en mettant en place des prélèvements mensuels, ce qui automatise votre défiscalisation sans impact brutal sur votre trésorerie.
- Cibler une TMI d’au moins 30 % : L’effet de levier fiscal est optimal pour les tranches marginales d’imposition élevées.
- Générer des revenus ou bénéfices imposables assez élevés pour profiter pleinement des plafonds de déduction ;
- Bien comprendre comment sera votre imposition à la retraite, car les sommes retirées du PER seront imposées.
Ce dernier aspect est particulièrement important. Si l’écart entre l’imposition lors des versements et celle au moment du retrait est grand, l’avantage fiscal sera plus conséquent pour l’épargnant.
Cependant, il est essentiel de se rappeler que l’épargne dans un PER est généralement bloquée jusqu’à la retraite, sauf en cas de situations exceptionnelles ou pour l’achat d’une résidence principale. Avant de choisir cette option pour réduire vos impôts, assurez-vous que le PER correspond à vos besoins d’épargne et à votre situation financière personnelle.
Comme nous avons pu le remarquer le PER est un levier fiscal qui permet aux contribuables se trouvant dans les tranches élevées (à partir de 41%) de bénéficier d’une défiscalisation. Si elle est utilisée intelligemment en plaçant bien ses fonds, ce dispositif permet de bénéficier d’une véritable stratégie à moyen long terme.
Il est donc nécessaire de se rapprocher de son gestionnaire patrimoine Neofa ou d’un conseiller fiscal pour particulier afin d’avoir une véritable gestion active (une gestion sur le fond euro en l’état actuel des choses étant une véritable perte sèche pour le contribuable in fine) et de faire le point sur sa situation fiscale et patrimoniale au moment de la souscription (étude fiscale et bilan retraite).
Autres solutions pour réduire ses impôts
De nombreuses alternatives permettent de réduire ses impôts sans recourir à la défiscalisation par PER. Les investisseurs avisés peuvent opter pour l’immobilier locatif classique, favorisant l’acquisition de biens dans des zones à fort potentiel, afin de profiter pleinement des avantages fiscaux liés à l’investissement immobilier traditionnel. L’investissement dans des PME innovantes offre également un double atout : soutenir l’économie locale tout en bénéficiant d’une réduction d’impôt notable. Par ailleurs, les travaux de rénovation énergétique dans l’habitat ancien, encouragés par des dispositifs tels que MaPrimeRénov’, incitent à moderniser son patrimoine tout en allégeant la charge fiscale. La souscription à des contrats d’assurance-vie, avec des produits soigneusement sélectionnés, permet d’optimiser son épargne dans un cadre fiscal avantageux. Chaque solution requiert une analyse minutieuse, tenant compte de la situation individuelle et patrimoniale. En combinant ces stratégies diversifiées, il est possible d’alléger la pression fiscale tout en préservant son patrimoine pour les générations futures. Ainsi, l’optimisation fiscale apparaît comme levier stratégique incontournable pour sécuriser son avenir financier.
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