Dans quoi investir en période de récession ?

Personne ne sait si nous nous dirigeons véritablement vers une récession. Les faillites bancaires, l’inflation persistante, la hausse des taux d’intérêt et la volatilité générale des marchés boursiers ont récemment fait retentir l’alarme de la récession. Dans une enquête réalisée en avril 2023 par la National Association for Business Economics, près de la moitié des personnes interrogées ont déclaré que les États-Unis entreraient probablement en récession en 2023. Alors oui, nous ne sommes pas encore en récession, certes, mais l’économie a montré des signes avant-coureurs au cours des deux dernières années. Cela m’amène à me demander cette semaine de quelle manière devons nous envisager de modifier nos portefeuilles en cas de phase de récession. Si investir en période de récession peut effrayer, ce n’est pas forcément le cas, à condition de savoir à quoi s’attendre.

1. Par où commencer ? 

Pour choisir les placements à effectuer en période de récession, vous devez d’abord tenir compte de vos objectifs personnels. Cherchez-vous à : 

L’idéal serait de constituer un portefeuille qui intègre toutes ces stratégies, mais la mise en œuvre réussie de l’une d’entre elles pourrait avoir un impact positif significatif sur votre avenir financier.

2. Sommes-nous en récession ? 

On dit souvent qu’une récession se définit par au moins deux trimestres consécutifs de baisse du produit intérieur brut (PIB), ce qui a été le cas au premier semestre 2022 aux Etats-Unis. Toutefois, le National Bureau of Economic Research, qui est le « compteur » officiel des récessions aux États-Unis, utilise une définition légèrement plus large. Il définit une récession comme « une baisse significative de l’activité économique qui s’étend à l’ensemble de l’économie et qui dure plus de quelques mois ». Le bureau utilise une variété de mesures, telles que le revenu personnel, l’emploi et la production industrielle, pour évaluer les récessions. Donc pour le moment, selon eux, pas de récession. 

En France pas de récession non plus. Mais le spectre d’une récession plane sur le pays. L’indice « Flash composite », publié par S&P Global, qui mesure l’activité du secteur privé, s’est établi à 47,3 en juin, contre une valeur révisée en légère baisse à 51,2 en mai, atteignant un point bas depuis février 2021 et mettant fin à quatre mois consécutifs d’expansion. Une valeur supérieure à 50 est synonyme d’expansion de l’activité, tandis qu’une valeur inférieure à ce seuil est synonyme de contraction.

Toutefois, avec une deuxième baisse consécutive de son produit intérieur brut (PIB), l’Allemagne est tombée en récession au premier trimestre, selon l’institut Destatis. Il s’agit d’une récession au sens technique, c’est-à-dire deux trimestres de baisse à la suite. C’est une première depuis la pandémie de coronavirus. La crise sanitaire avait provoqué une chute du PIB allemand au premier et deuxième trimestre 2020. Sur un an, l’indicateur chute de 0,5%. Ce chiffre, définitif, revoit à la baisse une précédente estimation de fin avril, qui parlait d’une stagnation (0,0%) de l’activité.

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3. Que se passe-t-il pendant une récession ?

En règle générale, les récessions surviennent après des périodes de croissance économique. Plusieurs facteurs peuvent être à l’origine des récessions, notamment :

  • l’inflation,
  • les troubles politiques
  • et la réduction des dépenses.

Certaines récessions sont légères tandis que d’autres sont graves. Les événements qui surviennent au cours d’une récession ne sont pas positifs : les pertes d’emploi, l’augmentation du chômage et les baisses de production accompagnent souvent les récessions.

Lors d’une récession, il y a également une diminution générale de la demande de biens et de services, ce qui entraîne un ralentissement de la croissance économique. Cela peut provoquer une baisse des bénéfices pour les entreprises, poussant certaines d’entre elles à réduire leurs dépenses en licenciant des employés ou en limitant les investissements.

De plus, la confiance des consommateurs et des entreprises peut être sérieusement ébranlée, ce qui accentue encore le ralentissement de l’économie. En effet, face à l’incertitude économique, les consommateurs sont plus susceptibles d’épargner plutôt que de dépenser, et les entreprises sont réticentes à investir dans de nouveaux projets ou produits.

Les investissements étrangers peuvent également diminuer pendant une récession, car les investisseurs ont tendance à privilégier les marchés plus stables. Cela peut avoir un impact négatif sur la valeur de la monnaie d’un pays et aggraver les problèmes économiques existants.

Enfin, pendant une récession, le gouvernement peut intervenir pour tenter de stimuler l’économie. Ces interventions peuvent prendre différentes formes, allant de la réduction des taux d’intérêt pour encourager les emprunts et les dépenses, à l’augmentation des dépenses publiques pour stimuler la demande et créer de l’emploi.

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4. Quatre investissements à envisager en période de récession

Bien qu’aucun investissement ne soit à l’abri d’une récession, certains ont tendance à mieux se comporter que d’autres en période de ralentissement économique. Il s’agit notamment des actions des secteurs de la santé et de la consommation de base (ou des fonds qui suivent ces secteurs), des actions à grande capitalisation et des investissements à revenu. Les entreprises cotées sont divisées en secteurs. Les secteurs sont des regroupements qui se rapportent au type d’activité de l’entreprise, et il y a 11 secteurs au total : services de communication, consommation discrétionnaire, consommation de base, énergie, finance, soins de santé, industrie, technologies de l’information, matériaux, immobilier et enfin les services publics.

Le secteur de la santé et de la consommation de base

En période de récession, certains secteurs de l’économie ont tendance à surperformer d’autres secteurs en raison de l’évolution des besoins des consommateurs comme les secteurs de la santé et de la consommation de base. Le secteur des soins de santé comprend les sociétés biotechnologiques et pharmaceutiques. Le secteur de la consommation de base comprend les aliments et les boissons, les produits ménagers et personnels et même l’alcool et le tabac. Ces secteurs ne connaissent généralement pas la croissance rapide que d’autres, tels que la consommation discrétionnaire (biens et services ménagers qui sont considérés comme des désirs plutôt que des besoins, tels que l’habillement, les restaurants et les articles de luxe) ou les technologies de l’information, pourraient connaître dans la phase de rebond et de reprise d’une récession. Ces actions, considérées comme « défensives », peuvent ne pas être aussi attrayantes en période d’expansion, comme un marché haussier. En revanche, les marchés baissiers et les récessions peuvent être l’occasion de réévaluer et de considérer les entreprises qui vendent des produits que tout le monde achète, quelles que soient les circonstances extérieures.

Investir dans des entreprises solides et prospères

Si vous souhaitez investir dans des actions individuelles en période de récession, vous pouvez envisager des options dans les secteurs décrits ci-dessus. Mais ce n’est pas le seul critère : un faible endettement, la rentabilité, des bilans solides et des flux de trésorerie positifs peuvent tous aider une entreprise à traverser une période économique difficile. En fait, il faut s’intéresser aux grandes entreprises qui sortent de la crise et prospèrent. Comment identifier ces entreprises ? L’un des meilleurs moyens de commencer est d’utiliser un outil gratuit de sélection des actions (Boursorama ou Quantalys par exemple).

Vous pouvez également choisir de filtrer les actions dont la croissance des dividendes est positive. L’augmentation régulière des dividendes peut être un signe de solidité et de discipline financières, de bilans sains et de flux de trésorerie réguliers, autant de facteurs qui peuvent aider les entreprises à résister aux récessions. Sachez que ce filtre limitera vos options aux seules actions à dividendes, mais il devrait vous présenter certaines des sociétés les mieux établies, susceptibles de mieux résister à des conditions de marché difficiles. Cela ne signifie pas que ces entreprises seront toujours solides en cas de récession. N’oubliez pas que les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs. Mais ce sont des données qui peuvent vous aider à faire vos choix.

L’investissement dans des fonds

Investir dans des fonds, tels que les OPCVM ou les ETF, est souvent moins risqué que d’investir dans des actions individuelles, ce qui peut être particulièrement intéressant en période de récession. Investir dans des fonds vous permet d’être exposé à des paniers de titres spécifiques, plutôt qu’à un seul investissement (tel qu’une action individuelle). En période de récession, c’est une façon d’investir dans plusieurs entreprises des secteurs les plus résistants, tout en évitant de concentrer le risque sur une seule entreprise. Si l’une des sociétés du fonds enregistre de mauvaises performances, les bonnes performances des autres sociétés peuvent compenser les pertes de la société ayant enregistré les moins bonnes performances.

Les placements à revenu fixe

Enfin, en période de récession, les investisseurs se tournent généralement vers les placements à revenu fixe (tels que les obligations) ou les placements générant des dividendes (tels que les actions à dividendes) parce qu’ils offrent des versements réguliers de liquidités. Les actions à dividendes sont des actions d’une société qui partage une partie de ses bénéfices avec tous ses actionnaires en fonction du nombre d’actions détenues par chaque investisseur. Investir dans des entreprises qui ont de solides antécédents en matière de versement – et d’augmentation – de dividendes peut conduire à un flux de trésorerie stable, même en période de récession. Une autre option consiste à investir dans des ETF de dividendes, qui sont composés d’entreprises connues pour verser régulièrement des dividendes élevés. L’avantage d’investir dans des actions, des fonds communs de placement ou des ETF versant des dividendes est que les dividendes peuvent être réinvestis. Même si la valeur de votre action est en baisse en raison de la conjoncture, les dividendes réinvestis réduisent la volatilité. Supposons que le marché boursier soit en baisse de 10 %, mais que l’action que vous possédez verse un dividende de 3 %. Si les dividendes sont réinvestis, la baisse est moins importante. Lors de la recherche d’actions ou d’ETF versant des dividendes, il est important de noter que le rendement ne doit pas être le facteur déterminant, car les rendements les plus élevés tendent à s’accompagner d’un risque supplémentaire. Il faut plutôt rechercher la régularité du paiement ou de l’augmentation des dividendes, ce qui est le signe d’une bonne gouvernance d’entreprise.

Les obligations (et de nombreux fonds obligataires) sont similaires en ce sens qu’elles effectuent des paiements périodiques au fil du temps, mais les mécanismes sont différents. Les obligations, qu’elles soient émises par un Etat ou par une société, sont essentiellement un prêt. Vous donnez un montant spécifique à l’avance et en retour, vous recevez des intérêts sur ce montant pendant une période déterminée. De plus, si vous ne vendez pas l’obligation avant son échéance, vous récupérerez à la fin de la période le montant initial que vous avez investi. Dans certains cas, vous pouvez également choisir de vendre l’obligation à un autre investisseur sur le marché secondaire avant sa date d’échéance.

N’hésitez pas à faire appel à un conseiller en investissements financiers pour vous donner les meilleurs conseils.

Pour conclure, surtout, ne paniquez pas. Les récessions et la volatilité des marchés peuvent faire peur, mais si vous investissez à long terme, le plus important est de garder le cap. Dans de nombreux cas, la meilleure chose à faire peut être de ne rien faire du tout, de faire confiance à la résilience du marché et à la diversification que vous avez intégrée à votre portefeuille à long terme.

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Ruben Brami
Auteur
Fondé par un ancien de Rothschild & Co à Paris, Twenty-Six Patrimoine propose une approche 360 de la gestion de ses patrimoine à ses clients. Moderne, ingénieux et hybride, entre un cabinet traditionnel et un family office, notre volonté est de...
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