Épargner pour sa retraite

Publié le 07.10.2021, par :

Il n’est jamais trop tôt pour débuter une épargne destinée à financer sa retraite. En effet, on constate depuis plusieurs années une diminution progressive du montant des pensions de retraite servies par les régimes obligatoires. Cette baisse est la conséquence de deux phénomènes. D’une part, nous vivons de plus en plus longtemps et la proportion d’actifs par rapport aux retraités est constamment en baisse, ce qui crée un déséquilibre financier. D’autre part, nos parcours professionnels sont de moins en moins linéaires, ce qui entraîne une irrégularité dans nos périodes de cotisations.
Devant l’incertitude du niveau des pensions lorsque le jour de la retraite viendra, il est important de se constituer un complément financier pour profiter pleinement de ce repos bien mérité. Pour cela, vous avez plusieurs possibilités, les principales étant les différents plans d’épargne retraite, les placements dans l’immobilier locatif et les SCPI.

Sommaire

Les plans d’épargne retraite actuellement en vigueur

L’épargne retraite a été profondément remaniée par le décret n° 2019-807 du 30 juillet 2019. C’est ainsi que depuis le 1er octobre 2020, il n’est plus possible de souscrire un plan d’épargne retraite populaire (PERP), un contrat Madelin pour les indépendants, un PERCO (plan d’épargne retraite collectif) pour les salariés ou un PREFON pour les fonctionnaires.
En revanche, si vous détenez déjà un de ces anciens plans, vous pouvez le transférer vers le nouveau plan d’épargne retraite : le PER.
Sous sa forme individuelle, il succède au PERP et au contrat Madelin. Sous sa forme d’entreprise collectif, il remplace le PERCO. Quant au contrat d’assurance vie collectif, il devient le PER d’entreprise obligatoire. Enfin, le PREFON est intégré au PER.

Plan d’épargne individuel ou PERIN

Ce type d’épargne est ouvert aux salariés, travailleurs non-salariés et demandeurs d’emploi. Il n’est soumis à aucune condition d’âge ou de situation professionnelle. Il se présente sous deux formes : vous pouvez souscrire un contrat d’assurance vie ou un compte titres qui sera associé à un compte d’espèces. En résumé, la différence entre les deux formules est la suivante :

  • Avec un PER d’assurance, vous accédez à un placement sur un fonds en euros. Cela vous permet de sécuriser votre capital.
  • Avec un PER dit d’investissement, vous allez acquérir des actions et par conséquent faire fructifier votre épargne, mais en prenant des risques.
    Pour vous guider dans votre choix, n’hésitez pas à faire appel à un conseiller financier. Au vu de votre situation, il pourra vous donner son avis d’expert.
    Bon à savoir : si vous êtes imposable, vous bénéficierez d’un avantage non négligeable, puisque vous pourrez déduire en partie de votre revenu brut global, les cotisations et les primes versées sur votre plan d’épargne.
    La fiscalité de sortie des sommes placées sur un PER est différente selon que vous souhaitez récupérer un capital ou une rente. Les conseils d’un gestionnaire de patrimoine seront ici encore les bienvenus pour vous permettre de choisir la meilleure solution.
    En cas de décès du titulaire, le PER est clos. Dans le cas d’un PER assurance, les montants épargnés sont versés aux bénéficiaires désignés dans le contrat ou aux héritiers. S’il s’agit d’un PER investissement, l’épargne est alors intégrée dans la succession.

Lire notre guide sur le plan d'épargne individuel (PERIN)

Plan d’épargne entreprise collectif

Ce PER peut être proposé aux salariés par toutes les entreprises, y compris celles qui n’ont pas institué un PEE (Plan d’Épargne Entreprise). Les bénéficiaires sont parfois soumis à une condition d’ancienneté, mais elle ne peut pas dépasser 3 mois.
Si l’adhésion à ce PER n’est pas obligatoire, elle est souvent automatique. Vous disposez alors de 15 jours pour faire part de votre éventuel refus de souscrire ce plan d’épargne.
Si vous changez d’employeur, vous pourrez transférer votre PER d’entreprise collectif soit dans la nouvelle société, soit sous la forme d’un PERIN.
L’avantage d’un PER d’entreprise collectif est la grande diversité des dépôts possibles (versements volontaires, sommes d’argent provenant de l’intéressement ou de la participation, droits inscrits sur un compte épargne temps…). Vous bénéficiez également de l’abondement. Ce sont des sommes allouées par votre employeur, dans la limite de 3 fois l’équivalent du montant que vous avez personnellement déposé.
Si votre épargne sur un PER d’entreprise collectif est bloquée jusqu’au jour de votre retraite, il existe de nombreux cas qui vous autorisent à récupérer les sommes versées. En cas de besoin de liquidités, un conseiller en gestion de patrimoine sera à même de vous dire si vous pouvez bénéficier de ces exceptions.

Lire également : le complet guide sur le nouveau PER collectif

Plan d’épargne collective obligatoire ou PERO

Il succède aux contrats article 83. Ce plan est généralement accessible à tous les employés d’une société ou réservé à une certaine catégorie de salariés. Si vous êtes concerné par ce plan d’épargne, votre entreprise doit vous informer de son caractère obligatoire.
Sauf contre-indication de votre part et si vous êtes encore loin de l’âge de la retraite, les sommes versées sont placées sur des actifs présentant un certain risque, mais nettement plus rémunérateurs. Puis au fil des années, votre épargne est réorientée vers des supports plus sûrs.
Les sommes capitalisées sont en principe bloquées jusqu’à votre retraite, mais là aussi il existe des possibilités de déblocage anticipé sous certaines conditions.
A l’échéance du PERO, vos droits provenant des versements obligatoires seront liquidés sous la forme d’une rente viagère. En revanche, vous aurez le droit de percevoir une partie sous forme de rente et une partie sous forme d’un capital, ou l’un ou l’autre, et ce pour l’ensemble des autres versements.
Pour en savoir plus sur la fiscalité à la sortie d’un plan d’épargne collectif obligatoire, nous vous recommandons de vous informer auprès d’un conseiller financier.

Épargner pour sa retraite dans l’immobilier locatif

Si vous êtes lourdement imposable, vous avez intérêt à choisir un système défiscalisant.

La loi PINEL pour des acquisitions dans l’immobilier neuf

Selon l’article 161 de la loi de finances pour 2020, depuis le 1er janvier 2021, seuls les investissements réalisés dans des logements situés dans un bâtiment d’habitation collectif sont éligibles à cette réduction d’impôt.
Un certain nombre de conditions sont également exigées, comme l’obligation de louer un logement nu à des locataires dont les revenus ne dépassent pas un plafond fixé par l’article 2 terdecies D de l’annexe 3 du Code général des impôts. De plus, l’immeuble doit être situé dans une zone qui présente un déséquilibre notable entre l’offre et la demande de logements.
Les avantages de ce type d’investissement sont nombreux :

  • une réduction d’impôt, allant de 6 % à 18 % selon la durée de mise en location de votre bien ;
  • la possibilité de louer le logement à un ascendant ou un descendant ;
  • une plus grande facilité pour obtenir un emprunt puisqu’il est garanti par les loyers que vous encaisserez ;
  • un revenu complémentaire pour votre retraite lorsque le bien est entièrement payé.

La loi DENORMANDIE pour des investissements dans l’immobilier ancien

Le dispositif Denormandie a été mis en place pour rénover le parc immobilier dans certaines villes. Ainsi, vous pouvez investir dans un centre-ville ou dans l’une des 222 communes portant le label « Cœur de ville ».
Pour en bénéficier, vous devez effectuer des travaux à hauteur d’au moins 25 % du montant d’achat du logement. Les conditions de location sont soumises aux mêmes règles que pour la loi PINEL et vos avantages fiscaux sont identiques.

La loi CENSI-BOUVARD pour des investissements dans des résidences pour seniors ou pour étudiants

Réservée aux contribuables français, ce dispositif concerne les investissements locatifs meublés. Vous devez acquérir un bien immobilier neuf ou réhabilité et achevé depuis 15 ans au maximum. Ce bien doit être loué par bail commercial à l’exploitant de la résidence pour une durée minimale de 9 ans.
En revanche, il n’y a ni zonage, ni limitation de ressources pour le locataire, ni plafond de loyer.

Choisir une SCPI de rendement pour son épargne retraite

Cette formule est très intéressante pour tous ceux qui disposent d’un budget restreint. Il s’agit d’acquérir des parts du capital dans une société civile de placement immobilier. Vous ne serez pas rémunéré en loyers comme pour un investissement locatif, mais vous toucherez des dividendes et vous devrez vous acquitter de frais de gestion. Ils correspondent aux prestations de la SCPI (recherche des biens et des locataires, établissement de l’état des lieux, travaux divers…).
Sur le plan fiscal, les sommes perçues doivent être déclarées comme revenus fonciers et elles sont soumises au barème progressif de l’impôt sur le revenu.
Il existe des SCPI d’entreprises pour les immeubles à usage commercial et des SCPI d’habitation pour les immeubles à usage de logement.
Enfin, pour ce type d’épargne retraite dans lequel votre capital n’est pas garanti, il est toujours préférable de faire appel à un conseiller en gestion patrimoniale pour limiter les risques financiers, même s’ils sont mutualisés entre l’ensemble des investisseurs.
Tous les dispositifs destinés à une épargne retraite présentent des avantages et des inconvénients. Ce sont des investissements à long terme qui méritent toute votre attention et les conseils avisés de professionnels du patrimoine avant de vous engager.

Publié le 07.10.2021, par :
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