L'Hebdo #004

Publié le 07.11.2022, par :
Twenty-Six Patrimoine
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Analyse de la répartition actions / obligations dans son portefeuille, le calcul du taux d'intérêt par les banques et Bercy qui décide de rehausser le barème 2023 pour l’impôt sur les revenus 2022.

Sommaire
Développer mon patrimoine et réduire mes impôts Faire ma simulation

📈 Les news qui ont fait bouger les marchés cette semaine

Hausse des taux de la Fed et de la BCE

Engagée dans un combat contre l'inflation, la banque centrale des Etats-Unis a, comme attendu, augmenté ses taux directeurs de 0,75 point ce mercredi, les portant de 3,75 % à 4 %. Elle va également continuer à réduire la taille de son bilan, s'allégeant en bons du trésor, dettes et garanties hypothécaires. Comme prévu par le marché, la Banque centrale européenne a elle aussi relevé ses taux directeurs de 75 points de base et annoncé des modifications des conditions des opérations de refinancement à long terme ciblées (TLTRO), qui sont des opérations de financement bonifié pour les établissements de crédit de l'Eurosystème. La hausse de la BCE porte le taux de dépôt à 1,5%, le taux refi à 2,0% et la facilité de prêt marginal à 2,25%, soit le niveau le plus élevé depuis la crise financière de 2008.

Les prix du pétrole

Les cours du pétrole évoluent vendredi à leurs plus hauts en près d'un mois, profitant du resserrement de l'offre qui se profile comme de spéculations du marché autour d'un potentiel allégement de la politique zéro-Covid en Chine. Outre la réduction de l'objectif de production de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés (Opep+) de 2 millions de barils par jour pour le mois de novembre, l'embargo de l'UE et le plafonnement prévu du prix du pétrole russe ajoutent à la tension sur le marché. Le prix du baril de pétrole brent se rapproche de nouveau des 100$.

Le Real progresse grâce au retour en force de Lula

Le Brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a effectué un retour sur le devant de la scène politique en reprenant la présidence après avoir battu le président sortant Jair Bolsonaro dans un face-à-face serré dimanche. Lula a promis dans son discours d'unir un pays profondément divisé, qui a souffert de la corruption des deux principaux blocs politiques depuis le début du supercycle des matières premières au tournant du millénaire. Le Réal brésilien s'est légèrement renforcé en réaction à la nouvelle, qui promet un rapprochement avec les partenaires commerciaux du Brésil aux États-Unis et en Europe.

🗓️ Le dossier de la semaine : comment allouer en ce moment les actions et les obligations dans son portefeuille ?

Des années 1980 jusqu'à récemment, un portefeuille composé à 60% d'actions et à 40% d'obligations a connu un « âge d'or », et pour cause. La combinaison a toujours fourni aux investisseurs des rendements attrayants ajustés au risque, avec des rendements totaux souvent égaux ou supérieurs à ceux de l'indice S&P 500 et avec une volatilité plus faible.

Mais cette stratégie peut ne plus avoir le même punch. L'inflation persistante et les craintes croissantes de récession ont frappé les marchés en 2022, créant de forts vents contraires pour le portefeuille 60/40 et incitant certains critiques à proclamer la « fin » du 60/40 comme une stratégie d'investissement utile. Pour comprendre cela, observons le comportement actuel et à venir, selon différents scénarios, des obligations puis des actions.

Tout ce qui suit n’est pas un conseil en investissement.

Les obligations :

Tout d’abord, on observe en ce moment que les rendements des obligations à taux fixe sont plus élevés qu'elles ne l'ont été depuis des années. En effet, comme le montre le tableau ci-dessous, selon sa tolérance au risque et à la qualité de l’émetteur, les rendements varient actuellement de 4 à 9 %.

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Si nous faisons une comparaison de valeur relative entre les actions et les obligations aux niveaux actuels, on peut facilement dire que pour la première fois en bien plus d'une décennie, les investisseurs ont enfin une alternative aux actions (je laisse volontairement de côté les investissements dits alternatifs). Certes, les rendements réels après inflation sont toujours négatifs, mais pour la première fois depuis longtemps, les rendements nominaux concurrencent le marché boursier comme ils ne l'ont pas fait depuis très longtemps.

À court et à moyen terme, ce qui compte le plus en termes de volatilité pour les obligations à revenu fixe, c'est la direction des taux d'intérêt. Considérons alors trois scénarios pour les obligations afin de comprendre comment elles se comporteraient dans le futur :

1. Les taux d'intérêt baissent

Si les taux baissent, les prix des obligations augmenteront. Et plus la durée ou la maturité est longue, meilleures seront les performances de vos obligations. Lorsque vous combinez des rendements de départ plus élevés avec des taux d'intérêt en baisse, c'est un bon résultat à court terme pour les obligations.

Cela pourrait être causé par la baisse de l'inflation, la baisse des taux d'intérêt des banques centrales ou une éventuelle récession où les investisseurs iraient se ruer sur la sécurité des obligations.

Je considère que c'est le pire scénario pour les investisseurs d’obligations à taux fixe, car cela signifierait de meilleurs rendements à court terme, mais des rendements inférieurs pour les rendements à venir sur le long terme.

2. Les taux d'intérêt augmentent

Si les taux continuent d'augmenter, les prix chuteraient certainement à court terme, mais aujourd'hui, vous avez des rendements de départ beaucoup plus élevés qu'au début de ce cycle de hausse des taux.

Si vous possédez des obligations à court terme, elles ne perdraient pas autant d'argent dans ce scénario que les obligations à long terme. N'oubliez pas que les obligations à plus longue durée fonctionnent relativement mieux si les taux baissent, mais que les obligations à plus courte durée s'en sortent mieux, relativement parlant, lorsque les taux augmentent.

Si l'inflation reste élevée et que les taux d'intérêt continuent d'augmenter, les prix des obligations seront plus douloureux à court terme, mais cela signifie également des rendements plus élevés pour les rendements futurs après avoir absorbé ces pertes.

3. Les taux d'intérêt restent où ils sont

Enfin, que se passerait-il si les taux restaient stables pendant un certain temps et restaient dans une fourchette de 4 à 5 % ? C'est le scénario dans lequel les investisseurs pourraient s'attendre à la moindre volatilité et simplement encaisser les coupons et gagner un certain rendement. Point important, cela est vrai pour les obligations d'État mais pour les obligations d'entreprises et les obligations à haut rendement, il faut tenir compte du potentiel de dégradation du crédit et des défauts de paiement.

Les actions :

On a tendance à penser que si les taux d'intérêt commençaient à se renverser pour baisser, le marché boursier se porterait mieux, mais rien ne garantit que cela se produira. Si on regarde les données historiques, la hausse ou la baisse des taux d'intérêt n'a pas autant d'impact sur la performance boursière qu’on ne le croit :

La hausse ou la baisse de l'inflation a eu un impact beaucoup plus important sur la performance des marchés boursiers que la hausse ou la baisse des taux d'intérêt.

Description

Cependant, si les taux baissent, on supposerait que l'inflation baisse également dans l'environnement actuel. Encore une fois, pas de promesses ici, mais la combinaison d'une baisse des taux et de l'inflation semble être une bonne chose pour les actions.

En tout cas, le court terme en bourse est toujours flou. Toutefois, acheter des actions à un niveau aussi faibles qu’elles le sont pour certaines aujourd’hui a eu tendance à bien fonctionner pour les investisseurs à long terme : dans un marché baissier, acheter lorsque les actions ont déjà été bien martelées a toujours été une stratégie rentable à long terme :

Description

Bien que le passé ne préjuge pas des performances futures, acheter des actions alors qu'elles sont en baisse de 20 à 30 % pourrait être une stratégie gagnante tant que vous disposez d'un horizon temporel suffisamment long.

Pour conclure, disons que les obligations sont probablement un pari plus probable à court et à moyen terme, tandis que les actions vous en donneront plus pour votre argent à long terme. Mais bien que nous nous attendions à ce que le portefeuille 60/40 offre des rendements ajustés au risque inférieurs à ceux des quatre dernières décennies, cela ne signifie pas qu'il est en panne. Le stratège en chef multi-actifs de Morgan Stanley, Andrew Sheets, a récemment prévu un rendement sur 10 ans d'environ 6,2 % par an pour la stratégie 60/40, soit 3,9 points de pourcentage au-dessus de leurs prévisions d'inflation. Le 60/40 peut rester attractif pour certains investisseurs, même si d'autres peuvent opter pour une stratégie différente. Il faut bien garder en tête la règle d’or lorsqu’on gère son patrimoine : la diversification !

🏠 Immobilier : Comment votre banque détermine le taux d’intérêt qu’elle vous applique ?

Description

Le taux moyen des crédits immobiliers aux particuliers en octobre s’établit à 2,05%, hors assurance, selon l’Observatoire crédit logement / CSA. Un chiffre en hausse : il avait atteint 1,88% le mois précédent. Le taux d’usure, le plafond auquel les établissements peuvent prêter, a été fortement remonté au 1er octobre à 3,05% (assurance comprise) par la Banque de France et en conformité avec les calculs réglementaires. Comment les banques déterminent alors le taux d’intérêt qu’elles appliquent ?

Les banques prennent en compte plusieurs facteurs :

  • le coût de refinancement, c’est-à-dire le prix auquel elles achètent l’argent (entre banques ou auprès de la BCE)
  • les frais de fonctionnement
  • la prime de risque
  • la marge bénéficiaire que les banques souhaitent réaliser

Le coût de refinancement constitue le coût principal, il est de deux natures :

  • pour les prêts à taux fixe, l’emprunt à long terme, dont la référence est l’OAT 10 ans
  • pour les prêts à taux variable, l’emprunt à court terme, dont la référence est intitulée Euribor (le plus souvent trois mois ou un an)

Qui détermine le coût de refinancement ?
La BCE dispose de trois taux directeurs différents :

  • le taux de rémunération des dépôts
  • le taux de refinancement
  • le taux de prêt marginal
    Le taux qui nous intéresse ici est le taux de refinancement. Outil majeur de la BCE dans la gestion de l'inflation, c'est en fonction de ce taux qu’elle alimente en liquidité les différentes banques de la zone euro et qu’elle peut donc réguler les volumes de crédits. Lorsqu'il est bas, les particuliers et les entreprises voient les taux d'intérêt diminuer. Ainsi, les demandes de prêts augmentent. À l'inverse, un taux de refinancement élevé entraîne une chute de l’obtention de prêts.

Personne n’ayant ignoré le contexte inflationniste dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui, c’est pour cette principale raison qu’on assiste à une remontée des taux directeurs. Pour contenir l’inflation, la BCE (tout comme la FED le fait) augmente son taux directeur pour impacter directement les taux d’intérêts des emprunts des particuliers à la hausse.

Est-ce un bon moment pour emprunter ?
Certes, le contexte n’est plus aussi idyllique qu’en 2021. Toutefois, mon avis sur cette question est que si votre dossier le permet, ne vous empêche pas d’emprunter. La remontée des taux de crédit risque de se poursuivre et les taux restent malgré tout encore bas si on regarde sur 20 ans. Ayez toutefois en tête que les banques deviennent plus exigeantes.
Mon conseil : prenez le temps de comparer les offres de crédit. Pour cela, il est fortement recommandé de faire appel à votre conseiller en gestion de patrimoine ou un courtier immobilier qui vous aidera à trouver le meilleur taux et à négocier.

(J’ai volontairement laissé de côté le cas du taux d’usure, j’y reviendrai lors d’une prochaine publication).

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🏦 Bercy décide de rehausser le barème 2023 pour l’impôt sur les revenus 2022

Bonne nouvelle pour les contribuables. Afin que l’impact de l’inflation sur le niveau d’imposition des ménages soit atténué, Bercy a décidé de rehausser le barème 2023 pour l’impôt sur les revenus 2022. Prévu dans le controversé projet de loi finances 2023, adopté en première lecture ce mercredi 2 novembre 2022 via l’activation de l’article 49.3 de la Constitution, des nouveaux seuils d’imposition progressant de 5,4% sont donc intégrés ce qui permettra aux contribuables dont les revenus n’ont pas progressé de cette même marge en 2022, de payer moins d’impôts.

Le barème qui devrait donc être en vigueur pour l’imposition des revenus 2022 (pour une part de quotient familial) est le suivant :

Revenus n’excédant pas 10 777 € : taux d’imposition de 0 %.

  • De 10 777 € à 27 478 € : 11 % d’imposition.
  • De 27 478 € à 78 570 € : 30 % d’imposition.
  • De 78 570 € à 168 994 € : 41 % d’imposition.
  • Supérieure à 168 994 € : 45 % d’imposition.

De ce fait, si vos revenus n’ont pas suivi l’augmentation de l’inflation en 2022 vos impôts baisseront automatiquement car la part de vos revenus soumise aux tranches du barème les plus basses, donc les moins imposées, sera plus importante.

Exemple : une personne célibataire pourra ainsi jouir d’un taux d’imposition de 0 % jusqu’à 10 777 euros de revenus imposables, contre 10 225 euros l’année passée, ce qui équivaut donc à 552 euros de revenus non imposables supplémentaires. Pour la tranche imposée à hauteur de 11 %, au lieu de 30 %, celle-ci augmentera de 856 euros, et ainsi de suite.

Notons que les prix de l’immobilier ne sont pas pris en compte dans l’IPC car l’institut considère l’achat d’un logement comme un investissement et non une dépense de consommation. Le budget logement est donc intégré uniquement via les loyers.

Enfin, si les Français ont parfois l’impression que l’inflation officielle ne reflète pas correctement leur ressenti du coût de la vie c’est parce que l’IPC est une moyenne. Ce n’est évidemment pas un indice parfaitement en phase avec les habitudes de consommation d’un individu en particulier.

💸 Les résultats de la semaine :

🏦 BNP Paribas : Le géant bancaire BNP Paribas continue sur sa lancée au troisième trimestre avec déjà 8,04 milliards d'euros de bénéfice net engrangés depuis le début d'année (+12% par rapport à 2021), une performance partagée par l'ensemble de ses métiers. Le bénéfice net pour le seul troisième trimestre publié jeudi est de 2,76 milliards d'euros, en hausse de 10,3% sur un an. Le produit net bancaire (PNB), équivalent du chiffre d'affaires dans le secteur, est quant à lui en progression de 4,9% à périmètre et change constants entre juillet et septembre, à 12,31 milliards d'euros.

🎬 Warner Bros Discovery : la société a fait état d'une baisse de 8 % de ses revenus trimestriels, s'élevant à 9,82 milliards de dollars au 30 septembre, contre un consensus de 10,37 milliards de dollars. WBD a dévoilé pour la période un Ebitda ajusté de 2,42 milliards de dollars, contre des prévisions de 2,26 milliards de dollars. Pour le quatrième trimestre, l'Ebitda ajusté est anticipé entre 9 et 9,5 milliards de dollars, contre 9,2 milliards de consensus.

⚕️Axa : le groupe dégage pour le troisième trimestre 2022 une progression mesurée de son chiffre d’affaires, autour de 2% sur douze mois. L’activité, dynamique en santé et dans une moindre mesure en dommages, est pénalisée par la baisse des affaires en unités de compte, notamment en France. Ci-dessous, un tableau résumé réalisé par l’Argus de l’Assurance.

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🍿Pour finir la semaine

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Tweet 1:
https://twitter.com/QCompounding/status/1588842560054693888

Tweet 2 :
https://twitter.com/beeple/status/1588742681219727362

Sources :

  • Les Echos, Investir, Investing, ZoneBourse, Reuters
  • https://www.schroders.com/fr/ch/asset-management/paroles-d-experts/marches/les-portefeuilles-6040-valent-ils-encore-la-peine/
  • https://www.morganstanley.com/articles/60-40-balanced-portfolio-rethinking-strategies
  • https://www.consoglobe.com/impots-sur-le-revenu-2022-nouveau-bareme-2023-cg
Publié le 07.11.2022, par :
Twenty-Six Patrimoine
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