Fonctionnement de l’Assurance-vie: monosupport ou multisupport ?
L’assurance-vie est un produit d’épargne qui dispose d’une fiscalité avantageuse. Avant de choisir entre les différents supports, il est essentiel de comprendre comment fonctionne une assurance-vie (versements, rachat, succession). Au sein de cette « enveloppe », vous disposez d’une grande variété de supports sur lesquels investir.
Mis à jour le 22 février 2026, par :
Comment fonctionne une assurance-vie : les 3 étapes clés
Au-delà du choix des supports, le fonctionnement de l’assurance-vie repose sur un cycle simple : vous épargnez à votre rythme, votre capital fructifie, et vous disposez des fonds selon vos besoins.
1. L’alimentation du contrat (Les Versements)
Une fois le versement initial effectué à l’ouverture (parfois dès 50 € selon les assureurs), vous êtes libre d’alimenter votre contrat comme vous le souhaitez :
- Versements libres : Vous ajoutez de l’argent ponctuellement, quand vous le pouvez.
- Versements programmés : Vous mettez en place un virement automatique (mensuel ou trimestriel) pour lisser votre effort d’épargne et réduire l’impact des fluctuations boursières.
2. La vie du contrat (Capitalisation et Arbitrage)
Tant que l’argent reste sur le contrat, les gains (intérêts et plus-values) sont capitalisés. Si vous détenez un contrat multisupport, vous pouvez modifier la répartition de votre épargne d’un support à l’autre : c’est ce qu’on appelle un arbitrage.
3. La sortie (Rachat ou Transmission)
Contrairement aux idées reçues, votre argent n’est jamais bloqué. Vous pouvez effectuer un rachat partiel ou total (retrait) à tout moment. En cas de décès, le capital est transmis aux bénéficiaires désignés avec une fiscalité hors succession.
Deux choix s’offrent à vous : le fonds euros et les UC. Découvrez sans plus tarder les avantages et inconvénients d’une assurance-vie monosupport et multisupport.
Définition d’une assurance-vie monosupport et multisupport
Le terme monosupport désigne un contrat d’assurance-vie composé d’un fonds en euros incluant principalement des obligations d’États et/ou d’entreprises, qui garantissent la préservation du capital. Il s’agit d’un fonds sécurisé et garanti.
Dans le contrat multisupport, vous décidez de la répartition de votre capital. Une fraction pourra être investie sur le fonds euro et le reste sur des unités de compte qui correspondent à des actifs financiers (SICAV, FCP…). Son rendement sera potentiellement supérieur à celui du fonds euro. Attention, ce support est soumis aux aléas des marchés, donc vous ne bénéficiez d’aucune garantie en capital sur la fraction investie en UC.
Les avantages et les inconvénients de l’assurance-vie monosupport et multisupport
Ces deux supports présentent des avantages, mais aussi des inconvénients. Déjà, gardez en tête que l’argent investi demeure disponible à tout moment sur chacun d’eux.
Ensuite, afin d’y voir plus clair, voici deux tableaux comparatifs.
Contrat Monosupport
| Avantages | Inconvénients |
| Un capital sécurisé et garanti par l’assureur | Une faible rentabilité |
| Une épargne placée en toute tranquillité avec une rémunération correcte au regard des autres produits d’épargne disponibles | Aucune liberté de diversification. |
| Peu de frais de gestion | |
| Des intérêts capitalisés via l’effet clique |
Contrat multisupport
| Avantages | Inconvénients |
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Quel mode de gestion choisir pour votre assurance-vie ?
Selon votre niveau de connaissance financière et le temps que vous souhaitez y consacrer, vous pouvez déléguer ou piloter vous-même le fonctionnement de votre contrat.
- La Gestion Libre : Vous choisissez vous-même la répartition entre fonds euros et unités de compte (UC). C’est la formule idéale pour les investisseurs autonomes qui souhaitent minimiser les frais de gestion.
- La Gestion Pilotée (ou sous mandat) : Vous déléguez la gestion à des experts (sociétés de gestion). Ils réalisent les arbitrages pour vous en fonction de votre profil de risque et des opportunités de marché.
- La Gestion Profilée : Le contrat est géré automatiquement selon une grille prédéfinie (Prudent, Équilibré, Dynamique). C’est une solution intermédiaire souvent proposée par les banques en ligne.
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Quels rendements espérer d’une assurance-vie ?
Les performances varient considérablement selon la composition de votre contrat. Il est crucial de rappeler que les rendements passés ne préjugent pas des performances futures.
- Fonds en Euros : Sécurisés mais avec des rendements modérés, ils servent généralement à protéger le capital face à l’inflation. Les taux remontent ces dernières années grâce à la hausse des taux obligataires.
- Unités de Compte (UC) : Potentiellement plus rémunératrices (actions, immobilier/SCPI, obligations), elles comportent un risque de perte en capital. Sur un horizon long terme (8 à 10 ans), elles visent à surperformer les fonds euros.
Pour choisir le meilleur contrat, comparez les frais de gestion et l’historique de performance de l’assureur sur les 5 dernières années, plutôt que sur une seule année isolée.
Fiscalité des contrats monosupport et multisupport
À défaut de tout rachat, seul le fonds euro sera prélevé des prélèvements sociaux (PS) chaque année. Les gains éventuels sur UC ne seront impactés par les PS qu’au moment du rachat.
Ne sont fiscalisés que les intérêts générés, jamais la partie du capital. La fiscalité d’un contrat monosupport est identique à celle d’un multisupport. Les éléments essentiels à prendre en considération sont la date de versement des primes (avant ou après le 27 septembre 2017) et l’antériorité du contrat (avant 4 ans, entre 4 et 8 ans, plus de 8 ans).
Avant le 27 septembre 2017, deux alternatives quant à l’imposition des gains : l’impôt sur le revenu (IR) ou le Prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) dégressif avec le temps.
Après le 27 septembre 2017, vous disposez toujours de deux options : l’IR ou Prélèvement libératoire unique (PLU) qui remplace par le PFL.
Versements effectués avant le 27 septembre 2017
| Antériorité du contrat | Fiscalité |
| Contrats < 4 ans | Si IR : IR + PS 17,2%Si PFL : 35 % + PS 17,2% |
| 4 ans < Contrats < 8 ans | Si IR : IR + PS 17,2%Si PFL : 15 % + PS 17,2% |
| Contrats > 8 ans | Si IR : après abattement IR + PS 17,2%Si PFL : après abattement 7,5 % + PS 17,2% |
Versements effectués après le 27 septembre 2017
| Antériorité du contrat | Fiscalité |
| Contrats < 4 ans | Part des versements < 150 000 euros,IR ou PFU 12,8 % + PS 17,2 %Part des versements > 150 000 euros,IR ou PFU 12,8 % + PS 17,2 % |
| 4 ans < Contrats < 8 ans | Part des versements < 150 000 euros,IR ou PFU 12,8 % + PS 17,2 %Part des versements > 150 000 euros,IR ou PFU 12,8 % + PS 17,2 % |
| Contrats > 8 ans | Part des versements < 150 000 euros,IR ou PFU 7,5 % + PS 17,2 %Part des versements > 150 000 euros,IR ou PFU 12,8 % + PS 17,2 % |
Vous comprenez la raison pour laquelle l’assurance-vie reste le produit d’épargne préféré des Français. Il s’agit d’un placement permettant de vous constituer une épargne avec une rémunération intéressante et de transmettre un capital aux bénéficiaires de votre choix, le tout en bénéficiant d’un régime fiscal favorable.
Succession : les abattements à connaître
Le fonctionnement de l’assurance-vie en cas de décès est unique. Le capital transmis n’entre pas dans l’actif successoral classique. Voici les règles d’exonération :
| Situation | Fiscalité appliquée aux bénéficiaires |
|---|---|
| Conjoint ou partenaire PACS | Exonération totale de droits de succession. |
| Versements AVANT 70 ans | Abattement de 152 500 € par bénéficiaire (tous contrats confondus). Taxation forfaitaire de 20% au-delà. |
| Versements APRÈS 70 ans | Abattement global de 30 500 € (partagé entre tous les bénéficiaires). Seuls les intérêts générés sont exonérés. |
Conseil d’expert : Soyez très précis lors de la rédaction de la clause bénéficiaire pour éviter tout litige et assurer la bonne transmission de votre patrimoine.
Alors, pourquoi vous en priver ?