Comment fonctionne la fiscalité de l’assurance-vie ?

L’assurance-vie continue de séduire les Français, surtout grâce à ses avantages fiscaux. Mais il est vrai que la fiscalité peut paraître complexe. Vous vous demandez pourquoi il est conseillé de garder un contrat d’assurance-vie pendant au moins 8 ans ? Si faire des versements après vos 70 ans est une bonne idée ? Ou encore quelles seront les conséquences fiscales pour vos héritiers ? Et l’effet de la flat tax, qu’en est-il vraiment ? Neofa éclaircit pour vous tous ces points autour des règles de fiscalité applicables aux retraits et à la transmission via l’assurance-vie ! Il est crucial de bien maîtriser les règles qui la régissent pour en tirer le meilleur parti. En effet, la spécificité de l’enveloppe fiscale assurance-vie la distingue des autres placements. Bien la comprendre est donc essentiel pour optimiser votre patrimoine. Maîtriser les spécificités de l’enveloppe fiscale assurance vie vous permettra de prendre les meilleures décisions pour votre avenir financier.

Mis à jour le 30 mars 2026, par :

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La fiscalité en phase d’épargne si vous ne faites pas de rachat

L’assurance-vie est un produit d’épargne englobé au sein d’une enveloppe fiscale. L’imposition demeure extrêmement favorable qu’il s’agisse d’un contrat monosupport en fonds euros (à capital garanti) ou d’un contrat multisupport en unités de compte (plus risqué). Tout au long de la vie du contrat, les primes versées vont générer des intérêts et/ou des gains selon le support choisi (fonds euros ou unités de compte). Tant que vous ne réalisez pas de retrait, vous n’avez rien à déclarer aux impôts. C’est ici tout l’enjeu d’une assurance-vie. L’imposition n’interviendra qu’en cas de rachat partiel ou total. Toutefois, sachez qu’en cas de moins-values dues à la volatilité des marchés financiers, vous ne serez pas taxé.

La fiscalité lors d’un rachat partiel ou total

Un rachat (ou retrait) peut être partiel ou total. Ce dernier met fin à l’antériorité fiscale du contrat car il sera définitivement fermé.

Lors d’un rachat en assurance-vie, la fiscalité applicable dépend de l’âge de votre contrat et de la date à laquelle auront été effectués les versements (avant ou après le 27 septembre 2017). Après 8 ans, vous bénéficierez d’un abattement sur les intérêts et gains générés, à savoir une déduction de votre assiette taxable. Il en résulte alors une fiscalité très avantageuse. Pour rappel, seuls les gains sont imposables, vous ne paierez jamais de taxes sur la part du capital.

Comment est calculée la part imposable lors d’un rachat ?

Pour déterminer l’assiette taxable lors d’un retrait partiel, l’administration fiscale applique une formule proportionnelle stricte : Montant du rachat × (Gains totaux du contrat / Valeur totale du contrat).

Ainsi, chaque retrait comporte une part de capital intact (totalement exonéré) et une quote-part d’intérêts (imposable selon l’âge de votre contrat).

Quelle fiscalité pour les versements réalisés avant le 27 septembre 2017 ?

Les plus-values sont imposées de deux façons :

  • Au barème progressif de l’impôt sur le revenu (IR) : l’imposition dépendra alors de votre Tranche Marginale d’Imposition (TMI) (0 %, 11 %, 30 %, 41 % ou 45 %).
  • Au prélèvement forfaitaire libératoire (PFL), dégressif avec le temps et libératoire. Le PFL est une option à spécifier lors du retrait.

Notez que les prélèvements sociaux (17,2 %) s’ajoutent systématiquement quelle que soit l’option fiscale retenue. Ils se décomposent en CSG (9,2 %), CRDS (0,5 %) et prélèvement de solidarité (7,5 %).

Leur mode de perception diffère selon les supports d’investissement :

  • Sur les fonds en euros : ils sont prélevés annuellement par l’assureur au moment du versement des intérêts.
  • Sur les unités de compte (UC) : ils ne sont prélevés qu’au moment du rachat ou au dénouement du contrat.

Seuls quelques rares cas en autorisent l’exonération, comme le statut de non-résident fiscal.

En définitive, il vaudra mieux opter pour le PFL si vous cumulez une tranche d’imposition haute et un contrat de plus de 8 ans. À noter que si votre Revenu Fiscal de Référence (RFR) est inférieur à 25 000 € (50 000 € pour un couple), vous pouvez demander une dispense d’acompte de prélèvement.

Dans le cadre d’un contrat de plus de 8 ans, vous bénéficiez d’un abattement fiscal annuel de 4 600 euros sur les intérêts pour une personne seule, et 9 200 euros pour une personne mariée ou pacsée. C’est ici que réside tout l’enjeu et l’intérêt d’une assurance-vie : vous pouvez retirer des sommes conséquentes sans aucune imposition.

Quelle fiscalité pour les versements réalisés après le 27 septembre 2017 ?

La réforme Macron a instauré de nouvelles règles fiscales (flat tax) sur les rachats consécutifs à des versements effectués après le 27 septembre 2017. Le PFL est remplacé par le prélèvement forfaitaire unique (PFU) au taux de 30 %, sauf pour les contrats de plus de 8 ans (24,7 %). Attention, lors d’un rachat, l’assureur prélève d’abord un Prélèvement Forfaitaire Non Libératoire (PFNL) sous forme d’acompte. Vos gains devront être déclarés l’année suivante, ce qui donnera lieu à une régularisation fiscale (avec restitution d’un éventuel trop-perçu par l’administration).

Bon à savoir sur le choix d’imposition : Bien que le PFU s’applique par défaut, vous avez toujours la possibilité d’opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu si cela vous est plus favorable. Cette option est particulièrement recommandée si vous êtes non imposable ou si votre tranche marginale d’imposition est faible (inférieure à 12,8 %).

Après 8 ans de détention, l’abattement fiscal annuel est toujours valable, à hauteur de 4 600 euros ou 9 200 euros pour une personne mariée ou pacsée. Néanmoins, seuls les intérêts des encours inférieurs à 150 000 euros seront taxés à 7,5 %, car au-delà, le taux grimpe à 12,8 % (auquel il convient d’ajouter les prélèvements sociaux). Vous l’avez compris, une petite ristourne s’ajoute après 8 ans, sur les premiers 150 000€.

Résumé de la fiscalité en cas de rachat (versements après le 27/09/2017)

Ancienneté du contrat Fiscalité applicable sur les gains (au choix)
Moins de 8 ans Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30 % ou Barème progressif de l’IR + 17,2 % de prélèvements sociaux.
Plus de 8 ans (Primes < 150 000 €) Abattement annuel (4 600 € ou 9 200 €) puis taxation à 24,7 % (7,5 % d’IR + 17,2 % de prélèvements sociaux).
Plus de 8 ans (Primes > 150 000 €) Abattement annuel (4 600 € ou 9 200 €) puis PFU de 30 % sur la fraction excédant 150 000 €.

Conseil d’expert : L’astuce du retrait à cheval sur deux années

Pour optimiser au maximum l’abattement fiscal de l’assurance-vie après 8 ans, une stratégie efficace consiste à échelonner vos rachats. Si vous avez besoin d’une somme importante, effectuez un premier rachat en décembre, puis un second en janvier de l’année suivante.

Cette technique vous permet d’utiliser deux fois l’abattement annuel (soit 9 200 € pour un célibataire ou 18 400 € pour un couple) à seulement quelques semaines d’intervalle, réduisant ainsi drastiquement votre imposition.

Les situations d’exonération totale d’impôt (Accidents de la vie)

Il existe des événements permettant un déblocage anticipé de votre assurance-vie en étant totalement exonéré d’impôt sur le revenu sur vos plus-values, quelle que soit l’ancienneté du contrat (la demande devant être faite avant la fin de l’année suivant l’événement) :

  • Licenciement de l’assuré ou de son conjoint (inscription à France Travail requise).
  • Mise à la retraite anticipée.
  • Cessation d’activité non salariée suite à un jugement de liquidation judiciaire.
  • Invalidité de 2è ou 3è catégorie de la Sécurité sociale (qui exonère également des prélèvements sociaux de 17,2 %).

Cas particulier des contrats Épargne Handicap et Rente Survie :
Si vous souscrivez un contrat spécifique lié à une situation de handicap, la fiscalité est encore plus douce. Vous bénéficiez d’une réduction d’impôt sur le revenu égale à 25 % du montant des primes versées dans l’année (dans une limite fixée à 1 525 €, majorée de 300 € par enfant à charge).

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La fiscalité de l’assurance-vie en cas de succession

La fiscalité en cas de décès est très intéressante puisqu’elle permet d’optimiser la transmission de votre patrimoine. En effet, par le biais de la clause bénéficiaire, il vous suffit de désigner les personnes de votre choix afin qu’elles perçoivent un capital à votre disparition. Dans la majeure partie des cas, ce capital sera transmis hors succession. La fiscalité dépend :

  • De l’âge du souscripteur au moment du versement des primes (avant ou après 70 ans)
  • De la date de versement des primes.

Quelle est la fiscalité pour les primes versées avant 70 ans ?

Si les primes ont été versées sur votre contrat après le 13 octobre 1998, chacun de vos bénéficiaires disposera d’un abattement fiscal fixé à 152 500 euros sur le capital reçu des suites de votre décès. Plus clairement, seule la part du montant (capital + intérêts) qui excède 152 500 euros sera taxée à hauteur de 20 %, et à 31,25 % au-delà de 852 500 euros. L’assurance-vie est donc l’outil parfait pour transmettre un capital à des personnes dont le lien de parenté est éloigné ou alors à des tiers. En effet, ces derniers seraient fortement imposés, car en droit de succession, la taxation s’élève à 60 %. Sachez que depuis 2007, la loi TEPA exonère le conjoint survivant ou le partenaire pacsé de droits de succession.

Quelle est la fiscalité pour les primes versées après 70 ans ?

La fiscalité de vos primes versées après 70 ans, et ce, à compter du 13 octobre 1998, prévoit un abattement général de 30 500 euros, tous bénéficiaires et contrats confondus. Au-delà, le capital (hors intérêts, puisque les gains sont exonérés) réintégrera la succession. Ici, l’intérêt est plus restreint que pour les primes versées avant 70 ans, néanmoins, l’abattement permet de transmettre plus de 30 000 euros sans imposition.

Résumé de la fiscalité successorale de l’assurance-vie

Âge lors du versement des primes Abattement fiscal Taxation au-delà de l’abattement
Avant 70 ans 152 500 € par bénéficiaire 20 % jusqu’à 700 000 € (soit 852 500 € au total), puis 31,25 %.
Après 70 ans 30 500 € global (tous bénéficiaires et contrats confondus) Intégration à l’actif successoral (soumis aux droits de succession selon le lien de parenté). Les intérêts restent totalement exonérés.

L’assurance-vie et l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI)

En principe, l’assurance-vie n’entre pas dans l’assiette de calcul de l’IFI, ce qui en fait un excellent outil d’optimisation. Toutefois, la loi de finances a instauré une exception : la part de votre contrat investie dans des actifs immobiliers via des unités de compte (comme les parts de SCPI, SCI ou OPCI) doit être déclarée à l’IFI si votre patrimoine immobilier net excède 1,3 million d’euros au 1er janvier de l’année en cours.

Tout compte fait, les règles fiscales sont simples lorsqu’elles sont expliquées clairement. Reste un petit détail qui revêt malgré tout son importance : sous quel délai sont versés les capitaux investis en assurance-vie, que ce soit lors d’un rachat ou d’une succession ?

La fiscalité lors d’une sortie en rente viagère

Si vous choisissez de ne pas retirer votre capital mais de le convertir en revenus réguliers à vie (la rente viagère), l’imposition à l’impôt sur le revenu ne s’applique que sur une fraction de la rente perçue. Cet abattement fiscal est très incitatif et dépend de votre âge au moment du premier versement :

  • 70 % de la rente est imposable si vous avez moins de 50 ans,
  • 50 % si vous avez entre 50 et 59 ans,
  • 40 % si vous avez entre 60 et 69 ans,
  • 30 % seulement si vous avez plus de 69 ans (soit une exonération d’impôts sur 70 % des montants perçus).

A lire également : fiscalité du pea

FAQ : Vos questions les plus fréquentes sur fiscalité assurance vie ?

Après 8 ans, vous bénéficiez d'un abattement annuel sur les gains (4 600€ ou 9 200€ pour un couple). Le surplus est taxé à un taux préférentiel.
Non, seuls les intérêts et plus-values sont imposables. Le capital que vous avez versé n'est jamais taxé lors d'un rachat sur votre contrat.
La fiscalité dépend de votre âge lors des versements. Un abattement important s'applique par bénéficiaire sur les primes versées avant vos 70 ans.
Le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) est une taxe de 30% (12,8% d'impôt + 17,2% de prélèvements sociaux) appliquée par défaut sur les gains.
Non, tant que vous n'effectuez aucun rachat (retrait) sur votre contrat, vous n'avez rien à déclarer aux impôts concernant votre assurance-vie.