Voiture Apple, présidence de la Fed et autres rumeurs ont agité le marché cette semaine

Publié le 22.11.2021, par :

Chaque semaine Olivier Armangau, décrypte pour Neofa l'actualité financière.
C’est la passion pour les marchés financiers qui a orienté la carrière d’Olivier. De la gestion privée à ses débuts en Suisse à la gestion de fonds de placement au Canada, Olivier s’est employé à rendre accessible des concepts et des produits financiers pour ses clients. Les interrogations constructives et challenger des dogmes de marché sont des motivations quotidiennes.

Cette semaine Mark Gurman a une nouvelle fois activé les rumeurs concernant Apple et sa voiture autonome. Parce que c’est une personne qui jusqu’à présent a été très pertinente dans ses annonces, le titre a connu une très belle fin de semaine.

Les constructeurs automobiles électriques ont ‘logiquement’ (un mot que l’on utilise évidemment toujours après quand on est certains de ne pas être pris en défaut…) connu des parcours boursiers moins fantasques que les semaines précédentes. Malgré cela, le marché continue d’être très confortable sur les valorisations, misant sur des niveaux de productions exceptionnelles ainsi que sur des marges confortables et pérennes (alors que la compétition sera évidemment toute différente) à horizon 15/20 ans. Alors que le sens de l’histoire c’est pourtant une voiture autonome dans laquelle, d’après les ‘fuites’ de Mark Gurman le plaisir de conduire sera totalement absent (le véhicule autonome selon Apple sera sans pédales et sans volants, c’est quand même sacrément plus pratique pour texter en conduisant…).

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De même, si la sensibilisation écologique est un peu plus qu’un concept, il ne fera pas grand sens de posséder un véhicule (hormis pour la quête, désuète (?) d’un statut social). Bref, comme toujours, la nouvelle a été digérée de la même façon. C’est finalement une bonne nouvelle pour tout le monde. C’est tellement plus simple comme ça.

Restons sur les rumeurs.

Qui donc sera le prochain président de la Fed. Après Tic et Tac, il y a 2 semaines, c’est au tour de Dupond et Dupont de rentrer en scène.

Le marché attendait une décision pour vendredi, finalement la maison blanche a annoncé qu’il faudra attendre Thanksgiving. Toute la semaine, des spécialistes de la Fed, des anciens présidents de Fed régionales, des gérants, des stratèges de marchés, des économistes, sont allés dans le sens des sondages à savoir que Madame Brainard (Je viens d’ajouter son nom dans le dictionnaire de ‘Word’ au cas où…) n’aurait que 40%, contre 30% les semaines précédentes, d’être désignée comme prochaine présidente en remplacement de l’ami J.

Dupont et Dupond étaient en fait Dupond et Dupont | Lemoyenjournal.fr

Mais, beaucoup plus intéressant, tous s’accordaient sur le fait qu’elle serait beaucoup plus ‘dovish’ que Jerome Powell. La première réaction serait de se demander si c’est possible, tant la politique monétaire est conciliante. Mais passons. Restons lucide. Peu importe qui sera président de la Fed, la soutenabilité de la dette est la seule variable qui importera. Et pour longtemps.

L’endettement cumulatif mondial (états, entreprises et ménage) est à ce point important (296 000 milliards de dollars, bien évidemment un record historique est un ratio dette globale sur PIB à 353%) qu’il n’est tout simplement pas envisageable de monter les taux sérieusement.

Quel banquier central prendra la responsabilité de déstabiliser la planète financière ? Sans parler des défis importants en matière de financement de la décarbonisation, du vieillissement de la population il est tout simplement inenvisageable de normaliser. Oui, pour la forme et pour ne pas perdre la face, on aura bien une hausse des taux, mais en toute vraisemblance les taux ne remonteront plus.

Entendons-nous bien. Ils ne remonteront plus à des niveaux que l’inflation, la croissance ou la situation de l’emploi justifieraient. Que l’inflation s’installe confortablement, c’est évidemment un sujet pour nous tous, mais ça ne doit surtout pas devenir un sujet pour les banques centrales.

Pourtant l’inflation salariale, elle ne sera pas transitoire ! Un salaire ce n’est pas (encore ?) comme un actif. Bon, si on est tous payés en bitcoin… Bref, un salaire quand ça monte ça ne peut pas redescendre, ou alors vous avez fait une grosse bêtise. Enfin ce n’est peut-être pas un aussi bon exemple que ça vu que tout monte en droite ligne vers le ciel, bref, il est plutôt délicat de faire baisser des salaires.

Qu'elle va être la rhétorique de la Fed avec une inflation à 6%, une situation de l’emploi qui s’améliore et des hausses salariales qui autoalimentent l’inflation ?
Que Madame Brainard soit plus dovish que Monsieur Powell ce n’est franchement pas un sujet : Ils sont coincés, comme l’est Madame Lagarde qui répète inlassablement les mêmes choses que Monsieur Powell : L’inflation est transitoire, car elle est poussée par des circonstances exceptionnelles. Pourtant, elle souligne aussi la croissance des salaires, précisant même qu’elle devrait se renforcer l’an prochain !

Il y a bien les garants de la morale, nos préférés, l’allemand Jens Weidmann de la Bundesbank et son homologue de la banque centrale du Canada, Monsieur Tiff Macklem, qui apportent de la contradiction et de la conviction, mais c’est malheureusement pour la décoration, et pour mieux entretenir l’illusion d’un débat contradictoire.
On ne peut pas normaliser la politique monétaire.

Et le marché, évidemment n’en veut pas non plus !
Les taux bas c’est merveilleux, ça permet de standardiser des PE de 250, de financer par la dette privée des PME sans avenir, à des SPAC de lever USD 500 milliards en 2021 aux Etats Unis, de valoriser des biens immobiliers sans attraits à des prix ridicules, d’enregistrer des records au marché de l’art (USD 2.3 milliards de vente en 2 semaines chez Sotheby’s, Christie’s et Phillips), on pourrait continuer la liste mais ça devient lassant…

Il y a peu, les analystes et stratèges aimaient agiter le fameux ‘wall of worry’ qui listait les inquiétudes qui pourraient affecter le marché. Bien entendu, l’écho pour de tels propos est réduit à néant, et pour cause. Ça se termine toujours de la même façon : une incertitude ou un événement négatif se transforme par une action démesurée des banques centrales. Et plus cette démesure est conséquente, plus les anticipations d’actions futures grandissent en cas de survenance d’une situation de stress. Cela crée de la confiance visiblement.

Une confiance obligatoire pour soutenir un tel marché.

Publié le 22.11.2021, par :
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