L'Hebdo #006

Publié le 21.11.2022, par :
Twenty-Six Patrimoine
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Comprendre la chute du géant des cryptos FTX, la probable baisse des prix immobiliers en 2023 et les obligations indexées sur l’inflation qui ont le vent en poupe...

Sommaire
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📈 Les news qui ont fait bouger les marchés cette semaine

  1. Le regain d'optimisme des investisseurs pour le marché action

L'afflux de capitaux vers les fonds d'actions a atteint 22,9 milliards de dollars au cours de la semaine à mercredi, son plus haut niveau depuis plus de huit mois, selon les données hebdomadaires de Bank of America et EPFR. Sur l'ensemble de la semaine, le Stoxx 600 a pris 0,25% et le CAC 40 0,76%, sa septième hausse hebdomadaire d'affilée. Toutefois, selon JPMorgan, les investisseurs devraient profiter de la reprise de la semaine dernière pour réduire leur exposition aux actions et prendre des bénéfices en prévision d'une récession imminente. En effet, les risques de récession persistent et semblent "difficiles à éviter", le taux des fonds fédéraux étant proche de 5 %, avance la banque. Jusqu'à la fin de 2022, JP Morgan s'attend à ce que les valorisations des actions reflètent largement les commentaires des banques centrales du monde entier.

  1. La baisse du prix du pétrole

Le pétrole est passé sous la barre des 90 dollars cette semaine. En effet, le baril de brut a perdu plus de 10 %. cette semaine pour cause de craintes de récession et de rebond épidémique en Chine qui fait craindre de nouvelles restrictions sanitaires qui auraient un effet négatif sur la consommation de pétrole. Les cas de Covid en Chine ont presque atteint leur plus haut niveau depuis le début de la pandémie. C’est plutôt une bonne nouvelle pour le pouvoir d'achat et les automobilistes. Le Brent a quant à lui frôlé le plancher des 85 dollars le baril vendredi. Les deux références mondiales du brut se rapprochent ainsi de leur niveaux de septembre, quand ils évoluaient à un plus bas depuis janvier.

  1. L’inflation à deux chiffres en Europe

Si Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE), considère que « l’inflation a surgi de nulle part », cette dernière est bel et bien là en Europe. De nouvelles estimations d’Eurostat ce 17 novembre viennent confirmer une inflation à deux chiffres, à 10,6%, qui s’installent dans la zone euro. Le mois précédent, la hausse des prix était encore donnée très légèrement en dessous des 10% symboliques, à 9,9% pour septembre. Ce sont surtout l’alimentation et les énergies qui tirent le plus les prix vers le haut même si, en dehors de ces deux postes de dépenses, l’inflation reste tout de même de 6,4%. C’est le plus haut niveau jamais vu par Eurostat depuis le début de sa publication de l’indicateur de suivi des prix à la consommation, en janvier 1997.

🗓️ Le dossier de la semaine : Comprendre la chute du géant des cryptos FTX

FTX, considéré il y a une semaine comme le deuxième plus grand échange de crypto-monnaie, a fait faillite en quelques jours seulement. Explications.

  • Qui est SBF ?

Ancien étudiant du MIT, créateur de l’exchange FTX et du fonds d’investissement Alameda Research, l'Américain Sam Bankman-Fried aka SBF figurait il y a encore quelques jours parmi les acteurs incontournables de l’univers des cryptomonnaies. À seulement 30 ans, il pesait 24 milliards de dollars et régnait sur un empire.

En 2017, il utilise ses compétences en trading pour fonder la société de trading Alameda Research. À l’époque, SBF n’y connaît pas grand-chose aux cryptomonnaies. Mais en tant que trader, il a identifié un moyen de gagner énormément d’argent rapidement. En 2017, l’écosystème est encore en plein développement, et le manque d’infrastructures cause d’importantes variations de prix entre les différents exchanges pour acheter et revendre des cryptomonnaies. Pour un as de l’arbitrage comme lui, c’est du pain béni pour réaliser des profits. La société parie alors sur l'achat de bitcoin aux États-Unis pour le revendre au Japon à un prix plus élevé. Grâce à ce système, il gagne rapidement 20 millions de dollars.

C’est en 2019 qu’il décide de lancer FTX avec une devise claire : « un exchange construit par des traders, pour des traders ». Très rapidement, FTX parvient à se faire une place au milieu des géants du secteur en rendant plus accessibles de nombreux produits dérivés sur cryptomonnaies comme les contrats à terme, ou « futures ». Mais le vendredi 11 novembre, la plateforme a déposé son bilan aux États-Unis, envoyant le marché des crypto-monnaies dans le rouge.

  • Quels ont été les éléments déclencheurs?

Au début du mois de novembre, un média connu dans l’univers des cryptos, CoinDesk, révèle que les 14,6 Mds de dollars d'actifs détenus par Alameda Research, la plateforme de trading de FTX, étaient principalement des ftt, le jeton lancé par FTX. Concrètement, cela signifie que que la société reposait principalement sur une seule cryptomonnaie, et qu’en cas de forte chute de celle-ci ou d'un sentiment de méfiance des investisseurs, Alameda Research risquait d’être insolvable.

C’est à ce moment que des rumeurs d'insolvabilité d'Alameda Research s'installent. Si l’information de Coindesk a été démentie ensuite par la patronne d’Alameda Research, cela n'a pas suffi au patron de Binance, Changpeng Zao aka CZ. Quelques jours plus tard, ce dernier a annoncé que sa plateforme comptait vendre tous ses ftt, Binance ayant acquis environ 2,1 milliards de dollars américains en busd et en ftt suite à une opération avec FTX. Un transfert qui a fait chuter le cours de cette cryptomonnaie FTT et a commencé à avoir un impact sur le marché des cryptos.

Description

  • Quel a été le rôle de Binance dans cette affaire?

En pleine déroute, CZ annonce le 8 novembre qu’il se positionnait pour racheter son rivale FTX. A ce moment-là, le marché des cryptomonnaies saluait la décision du patron de Binance, apparu comme un "sauveur" de l'écosystème, même si certains redoutaient qu'une telle volonté de rachat serait questionnée par le régulateur, en raison du quasi-monopole de Binance dans ce cas de figure. Toutefois, ce rachat n’a pas duré longtemps. Le lendemain, Binance a finalement renoncé à racheter FTX. C'est à ce moment-là que le marché des cryptomonnaies a plongé dans le rouge.

  • FTX fait faillite. Et maintenant ?

L'abandon du projet de reprise de FTX par son concurrent Binance a obligé FTX à chercher en urgence des investisseurs capables de lui apporter 8 milliards de dollars de capitaux frais. En vain jusqu'à présent. Vendredi 11 novembre, SBF a annoncé via une série de tweet se placer sous la protection de la loi américaine sur les faillites. SBF a aussi démissionné afin de pouvoir mettre en place "une procédure de retour des investissements maximal pour les investisseurs", a affirmé John J. Ray III, qui a remplacé SBF à la tête du groupe. C’est d’ailleurs lui qui s’était occupé de la liquidation de Enron en 2001. Dans sa demande de procédure de sauvegarde, FTX a déclaré que ses actifs représentent entre 10 et 50 milliards de dollars, son passif se situant dans la même fourchette. FTX compterait plus d'un million de créanciers et près de 130 sociétés seraient impactées par cette faillite. En parallèle, selon Bloomberg, la fortune de SBF, au départ estimée à 16 millards de dollars, s'est évaporée en quelques jours.

Pour conclure, cet effondrement pose, comme lors de la faillite de Lehman Brothers, beaucoup de questions: sur la régulation du secteur et son contrôle (FTX était basée aux Bahamas), sur le système frauduleux mis en place (SBF s'était ménagé une backdoor sur la plateforme, transvasant discrètement l'argent de ses clients afin de financer les activités de trading d'Alameda), sur la sécurité du système (près de 500 millions de dollars auraient été volés ces derniers jours) et, plus largement, sur l'utilité des crypto-actifs. Entre le 2 et le 9 novembre, les "investisseurs" en crypto ont retiré des plateformes des montants considérables: 2,6 milliards de dollars en bitcoins, 1,4 milliard de dollars en ethers, et des centaines de millions en d'autres actifs.

🏠 Immobilier : De combien les prix immobiliers pourraient baisser l’an prochain ?

Il semblerait que le rapport de force entre vendeurs et acheteurs commence à s'inverser. Le site d'annonces Bien'ici a constaté une forte hausse de l'offre. 12% de biens à vendre en plus sur 1 an et en parallèle une demande en nette baisse. 15% de recherches en moins et même -29% sur les maisons. Il est évident que le marché immobilier ralentit.

Désormais la plupart des grands réseaux d'agences tablent clairement sur un retournement des prix l'an prochain. Pour certains, il est même déjà là. En effet, la plupart des grands réseaux d'agences parient clairement sur un retournement des prix l'an prochain. Pour certains, il est même déjà là. La Fnaim, le principal représentant du métier, table sur un recul de 5%, en particulier du côté des très grandes villes où les tarifs avaient flambé ces dernières années.

Parmi les régions où le marché bascule le plus rapidement: le Centre-Val de Loire où la demande recule de 12% quand l'offre progresse plus vite encore. En Nouvelle-Aquitaine l'écart est même plus spectaculaire avec une baisse de la recherche de 10% et une hausse de l'offre plus de 2 fois plus forte (+23%). La quasi-totalité du territoire est désormais sur cette tendance, y compris l'Ile-de-France même si Paris fait toujours figure d'exception.

🏦 Economie : les obligations indexées sur l’inflation ont le vent en poupe

Si vous avez un portefeuille qui rapporte 9 % et que le taux d'inflation est de 6 %, alors vos rendements réels sont d'environ 3 %. Les obligations indexées sur l'inflation peuvent aider à se couvrir contre le risque d'inflation, car leur valeur augmente pendant les périodes d'inflation.

Malgré leur nature compliquée et leurs inconvénients potentiels en période de déflation, les obligations indexées sur l'inflation sont toujours extrêmement populaires. Ils sont le véhicule d'investissement le plus fiable pour se prémunir contre l'inflation à court terme. L'effet corrosif que l'inflation peut avoir sur les rendements est un puissant facteur de motivation derrière la popularité de ces obligations. Un avantage supplémentaire des obligations indexées sur l'inflation est que leurs rendements ne sont pas corrélés à ceux des actions ou d'autres actifs à revenu fixe. Les obligations indexées sur l'inflation constituent une couverture contre l'inflation et contribuent également à la diversification d'un portefeuille équilibré.

Toutefois, si le risque d’inflation est éliminé avec les obligations indexées, attention tout de même, les autres risques liés au placement lui-même restent présents. Très avantageux en cas de remontée sensible de l’inflation, l’investissement peut être perdant à court terme, quand les titres ne sont pas conservés jusqu’à échéance. Dans ce cas, au même titre que les actions, les obligations indexées sur l’inflation peuvent avoir des valeurs liquidatives variables, à la hausse ou à la baisse. Par ailleurs, le risque de faillite de l’émetteur demeure. Il faut aussi garder à l’esprit qu’il n’est pas toujours facile pour un épargnant particulier de pouvoir négocier en Bourse des obligations indexées sur l’inflation. Rapprochez-vous de votre conseiller en gestion de patrimoine qui saura vous proposer des solutions pour battre l’inflation.

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💸 Les annonces d’entreprises à noter de la semaine :

🛍️ Walmart : la société a annoncé troisième des résultats trimestriels qui ont a dépassé les attentes des analystes et un chiffre d'affaires qui a surpassé aux prévisions. La société a affiché un bénéfice par action de $1,50 pour un chiffre d'affaires de 152,8Mds$. Les analystes sondés par Investing.com attendaient un BPA de $1,32 pour un CA de 147,55Mds$. Depuis le début de l’année, le cours de Walmart a augmenté de 3,86% à $150,23.

🏗️ Bouygues : le groupe a abandonné jeudi son objectif de hausse de 4% l'année prochaine de la marge opérationnelle courante de Colas, sa filiale spécialisée dans les infrastructures de transport, en raison de l'inflation. La fusion entre Equans et Energies et Services de Bouygues crée une nouvelle activité à part entière, la plus importante de Bouygues, avec un CA combiné d'environ 17 Mds d'€ et 97.000 employés dans plus de 20 pays, dont 75.000 viendront d'Equans. Selon les analystes de HSBC, l'opération devrait augmenter la part des revenus récurrents stables chez Bouygues, par rapport aux fluctuations d'activités d'autres entités du groupe, comme la construction et les médias.

👒 Burberry : le groupe de luxe britannique Burberry a annoncé jeudi d'une croissance de 11% de son chiffre d'affaires trimestriel à magasins comparables, un résultat supérieur aux attentes lié à la hausse des dépenses des touristes étrangers en Europe et à l'assouplissement des restrictions liées au COVID-19 en Chine. Burberry maintient ses prévisions à court terme, à savoir une croissance du chiffre d'affaires entre 7% à 9% et une marge d'environ 20% à la fin de son exercice 2024.

🍿 Pour finir la semaine

Description
https://twitter.com/QCompounding/status/1593998031132786689

Sources :
https://cryptoast.fr/sam-bankman-fried-sbf-fondateur-ftx-alameda-research/
https://www.bfmtv.com/crypto/tout-comprendre-comment-le-geant-des-cryptos-ftx-s-est-il-retrouve-en-faillite-en-quelques-jours_AV-202211140333.html
https://www.pimco.fr/fr-fr/resources/education/understanding-inflation-linked-bonds
https://fundsmagazine.optionfinance.fr/collecte/les-obligations-indexees-sur-linflation-ont-le-vent-en-poupe.html
https://journalducoin.com/defi/inflation-deux-chiffres-europe-bitcoin-reste-21-millions-unites/
https://www.bfmtv.com/immobilier/achat-vente/les-acheteurs-immobiliers-reprennent-la-main-sur-les-vendeurs-un-prelude-a-une-baisse-des-prix_AV-202211100232.html

Publié le 21.11.2022, par :
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