Les risques du placement en assurance-vie

Publié le 30.09.2021, par :

L’assurance vie est un produit d’épargne à moyen ou à long terme qui permet de percevoir une rente ou un capital. Deux types de contrats peuvent être souscrits (monosupport en euros ou multisupport avec la possibilité d’investir sur des produits liés à la bourse). Les risques ne sont pas identiques dans les deux cas.

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Les risques d’un contrat assurance vie monosupport

Ce contrat repose sur un fonds en euros généralement composé d’environ 80 % d’actifs obligataires. Il présente l’avantage d’être très protecteur, car vos versements sont investis sur des produits sécurisants. Vous ne risquez donc pas de perdre une partie du capital que vous avez placé.
En revanche, les gains sont bien inférieurs à ceux d’un contrat multisupport qui bénéficie du dynamisme des marchés financiers. En effet, le contrat monosupport en euros souffre de taux d’intérêt de plus en plus bas qui tendent vers un niveau zéro, voire négatif !
Si le contexte économique semble faire craindre un retour probable de l’inflation, il faudra cependant beaucoup de patience à l’épargnant pour profiter d’une remontée des taux d’intérêt. Ainsi, il devra attendre que sa compagnie d’assurance reconstitue un certain stock de titres obligataires plus intéressants.

Les risques d’un contrat multisupport

Ce type de contrat comporte des investissements sur des produits sans danger, mais aussi sur ceux qui sont liés à la bourse. Cela peut être des obligations, des actions, des sicav... Or, l’assureur ne vous garantit pas la valeur de ces produits appelés unités de compte (UC), mais uniquement leur nombre. Si ce type de placement est nettement plus rentable, il est également plus risqué.

Les risques liés à la solvabilité des assureurs

Qu’est-ce que la solvabilité des assureurs ?

Les conditions du marché sont très fluctuantes et elles peuvent vite devenir défavorables. C’est pourquoi les assureurs sont tenus de respecter des dispositions légales et financières, car ils doivent garantir l’intégralité de leurs engagements vis-à-vis de leurs clients.
La solvabilité d’un assureur est donc sa capacité à y faire face sur le long terme, même s’il rencontre des situations exceptionnelles.
Depuis le 1er janvier 2016, la norme européenne en vigueur est Solvabilité II. Elle s’applique à toutes les entreprises d’assurances dans l’UE et s’appuie sur trois piliers :

  • Pilier 1 : les exigences quantitatives (règles de valorisation des actifs et des passifs et exigences de capital ainsi que leur mode de calcul).
  • Pilier 2 : les exigences qualitatives sur 3 niveaux (les textes du niveau 1 fixent les principaux généraux et les conditions d’application sont précisées dans les textes et normes de niveau 2 et 3).
  • Pilier 3 : les informations à destination du public et du superviseur (il s’agit d’harmoniser, au niveau européen, l’ensemble des informations publiées par les organismes d’assurance et celles remises aux superviseurs).

Comment se détermine la solvabilité d’un assureur ?

Pour savoir si un assureur est fiable, on calcule son ratio de solvabilité. Le premier critère est le capital de solvabilité requis ou SCR (Solvency Capital Requirement). Il tient compte de plusieurs paramètres dont la possibilité d’une évolution particulièrement défavorable des marchés financiers. C’est le SCR qui permet à un assureur d’honorer ses engagements s’il traverse des événements difficiles.
Le ratio de solvabilité d’un assureur est égal au montant de ses fonds propres divisé par le SCR et multiplié par 100.

Les conséquences de la crise économique

L’autorité de contrôle exige que ce ratio soit supérieur à 100 pour que la solvabilité de l’assureur soit considérée comme bonne. Or avec la baisse des taux d’intérêt des obligations d’État, les revenus des assureurs diminuent et ils doivent renforcer leurs provisions, souvent en utilisant leurs fonds propres, ce qui réduit leur solvabilité. Pour leur donner plus de marge de manœuvre, Bercy a pris un arrêté le 24 décembre 2019 relatif aux fonds excédentaires en assurance vie. Ainsi, il est précisé que dans des situations exceptionnelles « […] la provision pour participation aux bénéfices peut être reprise après autorisation de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution ». Cette décision a permis à bon nombre d’assureurs de retrouver un bon ratio de solvabilité.

Quel est l’impact de la pandémie de Covid-19 sur l’assurance vie ?

Si les épargnants titulaires d’une assurance vie constituée d’unités de compte ont été perdants avec une chute vertigineuse du CAC 40 pendant l’année 2020 (moins 25 % dès le début de l’année), l’impact de la pandémie a été quasi nul sur les fonds euros.

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La clause bénéficiaire : un point très important

Le capital d’une assurance vie n’entre pas dans l’actif successoral destiné à vos héritiers, ce qui vous permet de le transmettre dans un cadre fiscal privilégié. La clause bénéficiaire vous permet de désigner la ou les personnes qui percevront le capital de votre assurance vie après votre décès.
Si vous n’avez pas nommé expressément de bénéficiaire ou si la clause n’est pas correctement rédigée, le capital intégrera la succession et sera versé à vos héritiers.
Il existe deux manières de remplir la clause bénéficiaire : soit vous la mettez librement par écrit, soit vous choisissez une clause prérédigée. Dans le premier cas, vous pouvez :

  • Désigner des personnes avec lesquelles vous n’avez aucun lien de parenté.
  • Répartir vos capitaux entre vos différents bénéficiaires en appliquant ou pas des pourcentages différents d’attribution.
    Si vous privilégiez la clause prérédigée, vous ne pourrez ni nommer des bénéficiaires sans lien de parenté ni répartir votre capital. C’est la première personne citée qui recevra l’intégralité de votre capital. Les autres bénéficiaires seront mentionnés « à défaut » et ne pourront hériter qu’au décès du bénéficiaire principal.
    Vous pouvez intégrer une clause bénéficiaire dans votre testament chez un notaire en mentionnant ses coordonnées à votre assureur.
    Sachez qu’une clause bénéficiaire peut être modifiée à tout moment, tant que le bénéficiaire ne l’a pas acceptée par écrit auprès de votre assureur. Par la suite, il faut qu’elle vous donne son consentement.
    Enfin, si vous ne désignez qu’un seul bénéficiaire et qu’il décède avant vous, le capital entrera dans votre succession.
Publié le 30.09.2021, par :
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