Investir pour une retraite dorée

Guide de l'assurance-vie

Publié le 05.05.2020, par :
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Alain Broyon
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On vous rabâche à tout bout de champ que, pour payer moins d’impôts, vous devriez prendre une assurance-vie. Pas de problème, vous voulez bien suivre ce conseil, mais vous n’y connaissez rien. Pourquoi tout le monde vous suggère-t-il de prendre une assurance-vie ? Je vais vous expliquer.

Sommaire
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Comment fonctionne l'assurance-vie ?

Définition de l’assurance-vie

L’assurance-vie, c’est un contrat à long terme qui unit 3 entités : le souscripteur, l’assureur et le ou les bénéficiaires.
L’assurance-vie, comment ça marche ? Le cycle est très simple :

  • Mon premier verse de l’argent (les primes) ;
  • Mon second gère l’argent ;
  • Mon dernier récupère l’argent ;
  • Et mon tout est un contrat d’assurance-vie.

En gros, c’est un pari sur la vie de l’assuré (qui est en général le souscripteur, mais pas forcément) : lorsqu’un aléa défini, comme le décès par exemple, survient dans la vie de l’assuré, le contrat s’arrête. Alors oui, c’est grossier et très imagé, mais c’est le principe général.
Voir aussi le cas particulier de l'assurance vie luembourgeoise.

Placer son argent : les types de support

Le support, en fait, c’est la forme sous laquelle vous allez verser de l’argent sur votre épargne. Il en existe 2 types :

  • Les contrats exclusivement en euros ;
  • Les contrats multi-supports qui permettent d’investir à la fois dans des fonds en euros et dans des unités de compte.

Les unités de compte, ce sont des « parts » que vous placez dans des actions, obligations, matières premières, valeurs immobilières…

Tout le monde vous dira que c’est plus judicieux de diversifier son épargne, mais cela dépend de votre profil de risque et du montant que vous pouvez verser. Eh oui, parce que les fonds en euros sont moins rentables que les fonds en unités de compte mais en même temps, ils sont moins risqués. A vous de voir. Je vous recommande chaudement de faire appel à un conseiller financier pour faire votre choix.

Peut-on avoir plusieurs assurances vie ?

Oui, c’est tout à fait possible, vous pouvez en avoir autant que vous voulez. L’avantage, c’est que chacun peut avoir son propre objectif : l’un en gestion libre, l’autre en gestion pilotée, par exemple. Pour en savoir plus, lisez Est-ce qu'on peut avoir plusieurs assurances vie ?.

Gérer son argent : gestion libre ou gestion pilotée

Pour savoir si vous êtes plutôt fait pour l’un ou l’autre, répondez à ce petit questionnaire :
1)      Etes-vous à l’aise avec l’investissement financier ?
2)      Avez-vous de l’expérience dans l’investissement financier ?
3)      Avez-vous du temps à consacrer à l’investissement financier ?
4)      Quel type de support préférez-vous : 100% en euros, en unités de compte ou un mix des deux ?

→ Si vous êtes plutôt à l’aise avec l’investissement et que vous comptez placer votre argent dans des fonds 100% en euros → je vous conseille la gestion libre : vous choisissez vous-même vos supports et être seul responsable de l’arbitrage de vos allocations.

→ Si vous ne connaissez pas grand-chose à l’investissement, que vous n’avez ni le temps ni l’envie de piloter vos actifs et que vous n’avez pas suffisamment confiance en vous pour gérer seul votre épargne→ je vous conseille la gestion pilotée : à partir de vos critères (risque, rendement), un gestionnaire s’occupera de placer votre argent d’une main experte.

Y a-t-il un montant minimum et maximum en assurance-vie ?

Lors de la souscription de votre contrat, un apport minimum à l’ouverture est exigé par l’assureur. La prime minimum sur un contrat basique tourne autour de 50 euros. À cette occasion, vous allez définir le rythme auquel votre contrat sera alimenté. Deux possibilités se profilent : soit des versements libres, soit des versements programmés. Dans les deux cas, un montant minimum de versement sera aussi imposé par votre assureur, tant au niveau des primes ponctuelles que des primes régulières. Les seuils minimums de versement diffèrent entre un contrat « grands publics » et un contrat « haut de gamme ».
Bonne nouvelle, vous n’êtes limité par aucun plafond de versement sur votre assurance-vie, contrairement à certains produits favorisés par l’Etat comme le Livret A. Une fois le jackpot du Loto en poche, vous saurez d’ores et déjà où le placer !
Lire également : Combien coûte une assurance vie ?

Qu'est-ce que la garantie plancher ?

L’intérêt d’une assurance-vie, c’est de faire fructifier son épargne à long terme. Or, tout au long de votre phase d’épargne, votre contrat, s’il est composé d’unités de compte, subira les aléas des marchés financiers. Les montagnes russes, ça vous parle ? Schématiquement, votre contrat d’assurance-vie en UC pourra évoluer de manière semblable. Alors, dans le but de compenser le risque tout en garantissant tout ou partie des pertes subies, les compagnies d’assurance ont instauré la garantie plancher. Quèsaco ? Une garantie qui assure au bénéficiaire de percevoir une somme minimum. Grosso-modo, il s’agit d’une garantie « décès » adossée à un contrat multisupport. Il en existe 4 types :

  • La garantie plancher de base : elle permet aux bénéficiaires de toucher une somme équivalente au cumul des primes versées par le souscripteur, déduction faite des éventuels retraits et avances.
  • La garantie plancher indexée : elle fonctionne sur le même principe que la garantie plancher de base à laquelle on applique un taux d’indexation annuellement sur le cumul des versements, afin de déterminer le capital minimum attribué aux bénéficiaires.
  • La garantie plancher à cliquet : le capital garanti sera égal à la plus haute valeur du contrat atteinte. Deux conditions pour la mettre en place : avoir moins de 65 ans et réaliser un examen médical.
  • La garantie majorée : le capital versé aux bénéficiaires est déterminé par le souscripteur qui décide d’un taux de majoration.

Souvent méconnue du grand public, la garantie plancher demeure très intéressante notamment pour les jeunes assurés. Il convient d’étudier les options proposées en comparant le coût, la durée et la limite d’âge.

Récupérer son argent : rachat total et rachat partiel

Ok, vous savez comment gérer votre argent, mais comment faire pour le récupérer ? Normalement, le contrat prend fin lorsque l’aléa prévu dans le contrat se réalise. Mais heureusement, le contrat d’assurance-vie n’étant pas bloqué, vous pouvez résilier votre contrat, et la majorité du temps sans frais supplémentaire. Ça veut dire quoi « racheter » ? Ça veut dire retirer tout ou partie de la somme, et pour cela, plusieurs solutions.

  • Le rachat partiel : si vous avez besoin de débloquer une partie de votre argent avant la fin de votre contrat, alors vous recevrez la somme demandée sous forme de capital ;
  • Le rachat total : si vous voulez récupérer la totalité de votre épargne, vous pouvez recevoir vos gains sous forme de capital (en une seule fois) ou de rente (mensuellement) ou les deux.

Quel est le délai pour débloquer son argent ?

Contrairement au livret A, retirer l’argent de son assurance-vie demande plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Le délai légal est de 1 mois maximum. Prenez votre mal en patience !

Quel est le délai de rétractation ?

En assurance-vie, le délai légal de renonciation est fixé à 30 jours calendaires. Ce délai court à compter de la date à laquelle le souscripteur est informé de la conclusion du contrat.

Est-il possible d'ouvrir une assurance-vie pour un enfant mineur ?

En souscrivant une assurance-vie pour votre enfant, vous lui constituez une épargne afin d’assurer la poursuite de ses études et son entrée dans la vie active. Vous conviendrez qu’une enveloppe prenant en charge son permis de conduire, sa première voiture, ses études et un apport en vue d’acquérir son futur logement, l’aidera grandement pour démarrer du bon pied. L’idée de ce projet, c’est de prendre date et d’alimenter cette assurance-vie à votre rythme. Le capital appartient à l’enfant, mais les parents en gardent le contrôle jusqu’à sa majorité. Non seulement, vous bénéficiez d’une rémunération supérieure au livret A, mais en plus, au-delà de 8 ans de détention, l’enfant bénéficie d’une fiscalité avantageuse en cas de rachat. En fait, c’est la combinaison idéale pour subvenir à l’ensemble de besoins de votre chérubin dès qu’il en aura l’utilité. Un concept fichtrement intéressant, non ?

Pourquoi souscrire à une assurance-vie ?

Les avantages

Pourquoi placer son argent dans une assurance-vie et pas dans un contrat de prévoyance, par exemple ? Ce n’est pas pour rien que c’est le produit préféré des Français. En plus d’être simple d’utilisation et facile d’accès, son intérêt repose sur 3 avantages majeurs :

  • Valoriser votre capital : tout l’argent que vous placerez sur votre contrat d’assurance-vie va fructifier pendant des années grâce à des intérêts. En gros, si tout se passe pour le mieux, votre capital sera assuré et bonifié.
  • Assurer des revenus complémentaires pour préparer votre retraite : l’épargne que vous avez constituée grâce à l’assurance-vie vous sera reversée sous forme de capital ou de rente. Dans ce dernier cas, à votre retraite, chaque mois, vous recevrez une sorte de salaire jusqu’à votre décès.
  • Préparer votre succession : un contrat d’assurance-vie vous permet de transmettre votre patrimoine à votre conjoint ou à vos enfants en bénéficiant d’avantages fiscaux plus intéressants qu’avec une succession classique.

Rendement

C’est quoi le rendement de l'assurance-vie ? C’est un pourcentage qui représente ce que vous allez gagner. Il dépend du type de fonds : plus l’investissement est risqué, plus le rendement est élevé. Voyez avec votre conseiller financier quel rendement est plus adapté à votre profil de risque et à votre objectif. Par exemple, le taux de rendement moyen des fonds en euros était de 1.4% en 2019. Vu les tendances, le rendement d’une assurance-vie cette année risque de baisser quelque peu.

Fiscalité de l'assurance-vie

Faut-il déclarer l'assurance-vie aux impôts ?

Vous vous en doutez bien, le contrat d’assurance-vie, au même titre que les autres placements financiers, est soumis à l’impôt sur le revenu (IR) et aux prélèvements sociaux. Rassurez-vous, on ne va pas vous demander de payer des impôts sur de l’argent que vous aviez déjà : seuls les intérêts sont imposables. Et en bonus, l’assurance-vie est vraiment un produit parfait pour payer moins d’impôts.

Quelle est la fiscalité en assurance-vie ?

Tant que le contrat continue de courir sans que vous ayez effectué de rachat, votre argent n’est pas imposable à l’impôt sur le revenu. Mais dès lors que vous rachetez votre contrat, les revenus sont imposables, comme je vais vous l’expliquer dans quelques minutes. Heureusement pour vous, au bout de 8 ans, la fiscalité devient plus avantageuse.
Pour en savoir plus vous pouvez lire : le guide de la fiscalité en assurance-vie

Rachat avant 8 ans

Je vais vous embêter avec quelques chiffres, mais c’est pour votre bien. Pas de panique, je vais résumer ça très simplement grâce à ce tableau récapitulatif :

Âge du contrat Imposition des versements effectués
du 01/01/1998 au 26/09/2017
Imposition des versements effectués
à partir du 27/09/2017
Moins de 4 ans IR ou prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) de 35% IR ou prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 12,8%
Entre 4 et 8 ans IR ou PFL de 15%

Non seulement le taux d’imposition est plus faible, mais en plus vous bénéficiez d’un abattement fiscal sur les intérêts perçus. Différents cas sont possibles selon la date de vos versements et votre choix d’imposition, mais grosso modo, vos plus-values sont imposées à 7.5% après un abattement fiscal sur votre assurance-vie de 4600€ pour les personnes seules et 9200€ pour les couples.

Sortie en rente

Pour une sortie en rente, le « salaire » que vous allez percevoir sera soumis chaque année à l’impôt sur le revenu à un taux dégressif selon votre âge.

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Assurance-vie et succession

Est-ce qu'une assurance-vie entre dans la succession ?

Non, l’assurance vie entre dans ce qu’on appelle “la transmission hors succession”. Le souscripteur choisit les bénéficiaires comme bon lui semble (descendants ou non). Ceux-ci touchent bien le capital et les intérêts selon une fiscalité très avantageuse, mais les montants perçus ne font pas partie de l’actif successoral, ce qui signifie que les bénéficiaires ne paient pas de droit de succession. Cela dit, il y a des exceptions pour éviter que les souscripteurs n’utilisent pas cette méthode pour déshériter leurs proches.

Les droits de succession en assurance-vie sont à la liberté du souscripteur : à votre décès et seulement à ce moment-là, tout l’argent que vous avez versé sur votre contrat reviendra à vos bénéficiaires selon le ratio que vous aurez choisi (ça peut être pratique si vous préférez un de vos enfants).
Cela dit, deux règles fiscales s’appliquent selon votre âge :

  • L’argent que vous aurez versé avant vos 70 ans sera transmis sans imposition jusqu’à 152500€ par bénéficiaire. Au-delà de ce plafond, un taux de 20% sera appliqué.
  • Après vos 70 ans, les primes versées (et non le capital total) seront taxables selon le barème des droits de succession après un abattement de 30500€. Il peut donc être intéressant de continuer un contrat d’assurance-vie après vos 70 ans si vous avez la chance de vivre très longtemps, car alors les intérêts seront conséquents et exonérés.

Alors, ça vous semble plus clair maintenant ? Pour résumer, l’assurance-vie, c’est une épargne libre à long-terme, qui est autant avantageuse pour votre retraite que pour votre succession. Le tout est de savoir la gérer et là encore, le mieux est de faire appel à un conseiller financier. Heureusement qu’il est là, lui.

Publié le 05.05.2020, par :
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